Blogue Axel Evigiran

Blogue Axel Evigiran
La dispersion est, dit-on, l'ennemi des choses bien faites. Et quoi ? Dans ce monde de la spécialisation extrême, de l'utilitaire et du mesurable à outrance y aurait-il quelque mal à se perdre dans les labyrinthes de l'esprit dilettante ?


A la vérité, rien n’est plus savoureux que de muser parmi les sables du farniente, sans autre esprit que la propension au butinage, la légèreté sans objet prédéterminé.

Broutilles essentielles. Ratages propices aux heures languides...


13 mai 2026

Au Crotoy, encore …

 

Me voici au Crotoy, pour une semaine hors du temps comptable.

Et de me livrer à l'observation des oiseaux ; en baie du côté de la Maye, dans les chemin côtiers, là où poussent les argousiers, dans les roselières à panures ou encore en forêt de Crécy, située pas très loin – lieu d'une cuisante défaite, la chevalerie française fauchée par les arbalétriers anglais …


De touchantes rencontres … Le meilleur des remèdes !

A ce jour, plus de 80 espèces en contacts visuel. Quelques instants volés par l'objectif.


Chevalier Guignette 


Grèbe à cou noir (plumage nuptial)


Busard des roseaux (mâle)

Phragmite des joncs


Bruant des roseaux (mâle)


Bergeronnette printanière (mâle)


Grande aigrette


8 févr. 2026

Terra Mater



Le butinage sur la toile réserve parfois des surprises, à la fois agréables et conférant au présent une saveur teintée de nostalgie.

C’était du temps où je commettais de drôles de trucs sonores. Cela durant dix bonnes années (1985/1998[1]), les sons suivants l’évolution de mon matériel ; du clavier pour enfants style « Bontempi » au Korg « Wave station » renforcé d’un sampler … Quant aux textes, je les puisaient dans mon imagination ou parfois les empruntait à des auteurs ou des sources bien identifiés.

Ces productions étaient à la fois très confidentielles et davantage que purement récréatives. L’aventure s’arrêta à la manière dont s’épuisent les passions les mieux installées.

 

Commentaires sous la vidéo Q 1+3

Avec la numérisation et le développement des réseaux sociaux je fus surpris de trouver parfois un écho sur la carcasse de ce je pensais avoir tout à fait enterré – et oublié même. Et de s’étonner encore de la réception de telles incongruités.

Par exemple, à l’époque du morceau retrouvé ici, j’étais en pleine période alchimique et jungienne. Je flirtais avec l’univers de l’ésotérisme, rêvant de mandala, d’athanor et d’Ouroboros, m’imaginant sur la voie de l’initiation aux secrets les plus occultes. Cela me passa aussi. Mais je conserve un regard attendri sur cette période où le monde se décryptait par l’obscur - le noir plus noir que le noir !

 

Dessin par Hangiclist - Q 1+3



[1] Exactement 13 ans. Je fais là un clin d’œil a posteriori à la symbolique d’alors : 1+3 (quaternité)


28 sept. 2025

En thérapie …

 

Héron cendré (Photo par Axel)

Au sortir de l’adolescence, ayant lu je ne sais où, que la langue commune pour désigner les oiseaux était le latin, j’avais appris les noms scientifiques d’une bonne vingtaine d’oiseaux parmi ceux que j’avais déjà observé. Je trouvais ça classe ! Et puis il y a une certaine poésie, une certaine musicalité dans le latin. Ainsi, je ne sais trop par quel mystère, aujourd’hui, à plus de 40 ans d’écart, ma mémoire a conservé les pépites latines de quelques volatils :

Turdus merula, pour le merle noir – d’un noir plus noir que le noir diraient les alchimistes.

Ou encore Ardea cinerea, pour le héron cendré. Ce héron qui m’amène, d’une digression l’autre, à évoquer les stratégies pour contrarier la propagation dans mon organisme de Borrelia burgdorferi (étrangement ce nom ne sonne pas avec musicalité dans ma tête). Et de considérer bonne la thérapie par l’amour des oiseaux – avec une dose certaine d’antibiotiques. Salutaire aussi la thérapie par la redécouverte de l’écriture, par la marche, carnet en poche pour noter mes observations, appareil photo en main pour remuscler les bras et surmonter les cliquetis de mon squelette …

 

Aussi de me rendre hier en une zone marécageuse situé à proximité de la métropole lilloise ; y respirer le soleil pâle de l’automne – et de me dire que cela faisait bien trop longtemps que je n’y avais remis les pieds. Avoir un contact visuel avec presque 30 espèces d’oiseaux. Et d’éprouver le plaisir de fixer dans mon objectif ce héron cendré parfumé du vocable latin ardea cinerea. Et de citer un court extrait de l’excellent ouvrage « L’étymologie des noms d’oiseaux »[1] :

« Pour les auteurs moyenâgeux, le héron est un oiseaux qui craint l’orage et s’envole en conséquence au-dessus des nuées menaçantes. C’est l’image de l’élu qui fuit les tentations du siècle au profit des joies célestes. »

 

Le blogue reprend vie… J’espère sous de meilleurs augures ; à destra plutôt qu’un vol de colombes à sinistra.



[1] L’Etymologie des noms d’oiseaux par Pierre Cabard et Bernard Chauvet, Belin