La dispersion est, dit-on, l'ennemi des choses bien faites. Et quoi ? Dans ce monde de la spécialisation extrême, de l'utilitaire et du mesurable à outrance y aurait-il quelque mal à se perdre dans les labyrinthes de l'esprit dilettante ?
A la vérité, rien n’est plus savoureux que de muser parmi les sables du farniente, sans autre esprit que la propension au butinage, la légèreté sans objet prédéterminé.
Broutilles essentielles. Ratages propices aux heures languides...
Le butinage sur la toile réserve parfois des surprises, à la fois
agréables et conférant au présent une saveur teintée de nostalgie.
C’était du temps où je commettais de drôles de trucs sonores. Cela
durant dix bonnes années (1985/1998[1]),
les sons suivants l’évolution de mon matériel ; du clavier pour enfants
style « Bontempi » au Korg « Wave station » renforcé d’un
sampler … Quant aux textes, je les puisaient dans mon imagination ou parfois
les empruntait à des auteurs ou des sources bien identifiés.
Ces productions étaient à la fois très confidentielles et davantage que
purement récréatives. L’aventure s’arrêta à la manière dont s’épuisent les
passions les mieux installées.
Commentaires sous la vidéo Q 1+3
Avec la numérisation et le développement des réseaux sociaux je fus surpris
de trouver parfois un écho sur la carcasse de ce je pensais avoir tout à fait
enterré – et oublié même. Et de s’étonner encore de la réception de telles incongruités.
Par exemple, à l’époque du morceau retrouvé ici, j’étais en pleine
période alchimique et jungienne. Je flirtais avec l’univers de l’ésotérisme, rêvant
de mandala, d’athanor et d’Ouroboros, m’imaginant sur la voie de l’initiation
aux secrets les plus occultes. Cela me passa aussi. Mais je conserve un regard
attendri sur cette période où le monde se décryptait par l’obscur - le noir
plus noir que le noir !
Dessin par Hangiclist - Q 1+3
[1]
Exactement 13 ans. Je fais là un clin d’œil a posteriori à la symbolique d’alors :
1+3 (quaternité)
Feuilletant ce soir la dernière mouture du Philosophie magazine, tout juste tombé
dans ma boite aux lettres, je tombe sur un article consistant intitulé : « Hellfest, la douceur du métal ».
Aussitôt vu aussitôt lu.
Le rédacteur immergé en terres métalleuses n’est autre que
Denis Moreau. Alors là !.. Il faut un peu de temps pour m’en remettre. Car
si j’ai aimé lire Dans le milieu d’une forêt, je n’aurai jamais imaginé le cartésien, catholique de surcroît, tel
un poisson dans l’eau, naviguer dans les eaux sulfureuses du festival de
Clisson…
Et l’article est bon !
Ce n'est pas un monde de brutes !
Extrait :
« Laure (…)
29ans, porte ainsi un splendide costume de ‘faune’ parce qu’elle ‘rencontre le
sacré dans la nature’ et que cela va bien avec son groupe favori, Wardruna, qui
tente de ressusciter la vision du monde des vikings. Le Hellfest (…) est un
lieu où s’exprime, sous forme rock’n’roll, le retour de paganisme auquel nous
assistons dans notre occident déchristianisé »
« Platon, avec sa
condition humaine écartelée entre intelligible et sensible, est assez rock. (…)
L’éthique III de Spinoza et son cortège tiraillé de passions tristes sont rock.
(…) Kierkegaard et Schopenhauer sont rock. Levinas pas du tout. Mais le king, c’est
Pascal… »
Mise en forme !
Pour la suite, rendez-vous chez votre marchand de journaux
favori.
Les vampires distillent leur noirceur trouble dans les mélodies de bons nombres de formations et de styles musicaux.
C'est particulièrement manifeste chez certains groupes s’inscrivant dans la mouvance gothique, où l’imagerie du vampire, le plus souvent dans sa version romantique, suinte par tous les interstices, et constitue une espèce de colonne vertébrale autour de laquelle se dessine, en quelque sorte, l’élan vital de l’œuvre comprise en son entièreté.
Le monde du vampire, construction somme toute récente au regarde de l’histoire, et dont le mot même remonte au siècle des Lumières - paradoxe éclairant - implique un certain état d’esprit, des codes et valeurs, tout un décorum qui peuvent sembler ridicule, mais qui, à y regarder de plus près, en disent bien plus long sur notre imaginaire et notre besoin de ténèbres que ne voudraient le faire accroire les songes mercantiles et aseptisés de nos époques vouées à la démesure prométhéenne.
Ce n’est pas un hasard d'ailleurs si le Dracula de Stocker voit le jour, si je puis m’exprimer ainsi, en pleine époque victorienne.
Mais assez de discours.
Laissons place à la musique, et en particulier au groupe d’origine norvégienne, Gothminister, qui illustre on ne pourrait mieux, mon propos.
C’était la fin des années 80, l’époque oùLes enfants du rockavaient substitué leur vieux générique, New Order avec l’instrumental de Confusion, par The cure (Just like heaven)… J’aurai dû alors y songer : le remède au paradis, au lieu de cette vague de confusion synthétique aux contours ambigus ; cela ne pouvait que mal finir !
Ian Curtis était mort et, les doigts trop gourds pour faire de la guitare, je commençais tout juste à triturer un ordinateur doté de quelques kilos octets de mémoire vive – un Commodore, griffé Vic 20 en l’occurrence. Cela me permit de tirer quelques sons aux accents métalliques que j’assaisonnais de percutions bricolées avec des ustensiles de cuisine et de bruits divers, dont les pleurs de mon petit frère, que je sollicitais par de méchantes traîtrises – la pénurie de moyen rend imaginatif.
Plus tard, tandis que les grandes années New wave s’exténuaient en mille mouvances plus ou moins obscures ; du sautillant au dépressif absolu, mon matériel s’étoffa : un clavier style supermarché et une véritable boite à rythme qui fit un temps ma fierté. Mais l’acmé de mes escapades musicales survint avec l’acquisition d’un sampleur, alors véritable boite à outil des musiques électroniques. Objet désirable entre tous ! Avec cette nouvelle machine je me mis à n’en plus finir à boucler les sons les plus divers, du bruit d’un feu de cheminée aux extraits de films, passant par le singe en peluche poussant son cri, les triturant et les passants ensuite dans le lavoir d’effets de toutes sortes (reverb, delay crossover, etc.).
Avec le recul, je me rends compte que ce que j’aimais en particulier dans l’utilisation de ce style d’outils musicaux, étant de tempérament sauvage, c’était de pouvoir tout orchestrer seul ; me suffisant à moi-même. Ce qui n’empêcha pas mon frère, une fois grandi de rejoindre le projet et y associer une note de gothique au travers sa guitare.
D’ordinaire on nous classait dans la case « coldwave » ou « darkwave ». Et si je n’ai jamais aimé les étiquettes, il demeure difficile de tout à fait les ignorer.
Le morceau instrumental Elle est belle votre religion…date de la dernière époque de Quantom 1+3 et me fus inspiré par film que je trouvais alors fulgurant, Angel Heart (je ne l’ai pas revu depuis lors). D’ou l’idée de ce petit montage…
Non pas dans le mitan d'une forêt, mais à flotter dans les basses eaux d'un lagon....
Ce n’est pas du côté de
Descartes vers qui je serai allé spontanément pour inaugurer cette
nouvelle rubrique dévolue au farniente.
Mais enfin…
« Je dors ici dix heures toutes les nuits et sans jamais aucun soin me
réveille, après que le sommeil a longtemps promené mon esprit dans les buis,
des jardins et des palais enchantés, où j’éprouve tous les plaisirs qui sont
imaginés dans les Fables, je mêle insensiblement mes rêveries du jour avec
celles de la nuit ; et quand je m’aperçois d’être éveillé, c’est seulement
afin que mon contentement soit plus parfait, et que mes sens y
participent… »
Descartes, Méditations de 1641
Mais
il y a du bon au milieu de cette forêt, avec pour guide Denis Moreau. Et si je
ne suis pas cartésien pour un sou - ce que je savais déjà -, il n’empêche que
l’on voyage ici en fort bonne compagnie…
Musicalement
merveilleusement illustré par Yello ; « Desire », et qui avive
des souvenirs d’Antilles ; le sable des Gosier ou les bikinis de Sainte-Anne… Ce kitch et ce désuet si chers aux cœurs égarés.
Un
brin mélancolique.
J’ai toujours préféré Santa Clara, et de quoi alimenter, à
travers cette bonne illustration en vidéo, dans le sillage du « maître et
possesseur de la nature » (j’ai oblitéré à dessein et par mauvais esprit le fameux
« comme »), l’idée de l’homme
machine de La Mettrie… (ce n'est sans doute pas ainsi que j'aurai traduit en image ce morceau, mais allons, ce n'est pas le lieu de trop pinailler... Ce clip est plutôt prémonitoire, en un sens...Entre publicité et promothéisme ; il y manque juste le fatal accident)
Et pour réconcilier les antagonismes de la sieste ; « Lost
again»….
Non sans naïveté
romantique, à la suite de ces mélopées sensuelles il me plait d’évoquer ici quelques
pages du Voyage en orient de Gérard de Nerval.
Un passage où il
est évidemment question d’oiseaux :
« Le préjugé qui ne permet aux Orientaux que
la chasse des animaux nuisibles les a conduits, depuis des siècles, à se servir
d’oiseaux de proie sur lesquels retombe la faute du sang répandu. La nature a
toute la responsabilité de l’acte cruel commis par l’oiseau de proie. C’est ce
qui explique comment cette sorte de chasse a toujours été particulière à
l’Orient. A la suite des croisades, la mode s’en répandit chez nous. »
S’en suit le
récit de la chasse :
« Quand tout fut rendu
au silence, on distingua, parmi les oiseaux qui poursuivaient les insectes du
marécage, deux hérons occupés probablement de pêche et dont le vol traçait de
temps en temps des cercles au-dessus des herbes. Le moment était venu : on tira
quelques coups de fusil pour faire monter les hérons, puis on décoiffa les
faucons, et chacun des cavaliers qui les tenaient les lança en les encourageant
par des cris. Ces oiseaux commencent par voler au hasard, cherchant une proie
quelconque ; ils eurent bientôt aperçu les hérons, qui, attaqués isolément, se
défendirent à coups de bec. Un instant, on craignit que l’un des faucons ne fût
percé par le bec de celui qu’il attaquait seul ; mais, averti probablement du
danger de la lutte, il alla se réunir à ses deux compagnons de perchoir. L’un
des hérons, débarrassé de son ennemi, disparut dans l’épaisseur des arbres,
tandis que l’autre s’élevait en droite ligne vers le ciel. Alors commença
l’intérêt réel de la chasse. En vain le héron poursuivi s’était-il perdu dans
l’espace, où nos yeux ne pouvaient plus le voir, les faucons le voyaient pour
nous, et, ne pouvant le suivre si haut, attendaient qu’il redescendît. C’était
un spectacle plein d’émotions que de voir planer ces trois combattants à peine
visibles eux-mêmes, et dont la blancheur se fondait dans l’azur du ciel. Au bout
de dix minutes, le héron, fatigué ou peut-être ne pouvant plus respirer l’air
trop raréfié de la zone qu’il parcourait, reparut à peu de distance des
faucons, qui fondirent sur lui. Ce fut une lutte d’un instant, qui, se
rapprochant de la terre, nous permit d’entendre les cris et de voir un mélange
furieux d’ailes, de cols et de pattes enlacés. Tout à coup les quatre oiseaux
tombèrent comme une masse dans l’herbe, et les piqueurs furent obligés de les
chercher quelques moments. Enfin ils ramassèrent le héron, qui vivait encore,
et dont ils coupèrent la gorge, afin qu’il ne souffrît pas plus longtemps. »
Ce genre de loisir aristocratique perdure de nos jours pour le pire. Ainsi
fut rapporté au printemps dernier le cas d’un prince saoudien amoureux de l’art ancestral de la fauconnerie
ayant tué près de 2.000 oiseaux menacés d’extinction en une seule partie de
chasse au Pakistan » (l’outarde houbara).
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Mais je préfère aujourd’hui les mots tiré de L’usage du monde de Nicolas Bouvier, celui qui raconte que « Petit j’ai longtemps cru qu’oisif était
le singulier d’oiseau. ».
Deux passages ou il est questions d’aigles – on notera l’écart avec le
texte de Gérard de Nerval.
« Une lourde cloche suspendue à
une potence indique le sommet du col. On la sonne encore quand la neige est
tombée, pour les voyageurs qui ont perdu la route. Comme je m’en approchais, un
aigle qui était perché dessus s’envola en frappant le bronze de ses ailes et
une vibration éperdue, interminable, descendit en s’élargissant sur ce troupeau
de montagnes dont la plupart n’ont même pas de nom ».
« La montagne, elle, ne se dépensait pas en gestes
inutiles : montait, se reposait, montait encore, avec des assises
puissantes, des flancs larges, des parois biseautées comme un joyau. Sur les
premières crêtes, les tours des maisons-fortes pathanes luisaient comme
frottées d’huile ; de hauts versants couleur chamois s’élevaient derrière
elles et se brisaient en cirques d’ombre où les aigles à la dérive
disparaissaient en silence. »
Dans le marais, mué pour un soir en druide, à recenser les boules de gui qu’il ne faut pas confondre aux nids de pie…
Réminiscence des années jeux de rôles ; égaré dans les broussailles
virtuelles – pixels d’oiseaux et de forêts hantés d’elfes sinon de séides de
Malar…
Mais là le vent dans les peupliers, plantés en rangs d’oignons ;
stupides dans le silence.
Un détour par le plan d’eau picoré de mouettes rieuses.
Ici la patience à ses mérite ; non point une immobilité de fauve
tendu à la satisfaction de ses appétits.
Mais la nonchalance attentive ; ce regard flottant, rendu aigu par
force d’accoutumance. Cet œil qui dit à la volée : Chipeau, sarcelle d’hiver,
tadorne et bécassine des marais…
« Music is beautiful thing to inspire and heal. But one the last thing you would expect to be used for : is torture…”
(Abby Martin) *
Qu’arrive-t-il lorsque vous découvrez avec effarement que vos morceaux ont été détournés à des fins de torture ?… Un comble lorsque vous défendez l’écologie d’une manière générale, la cause animale en particulier, et que vous êtes horrifié de voir les activistes en ce domaine qualifiés par le gouvernement US de terroristes, que vous dénoncez encore les dérives de l’état sécuritaire, sa collusion avec les complexes militaro-industriels …
Bien sûr, au-delà de l’aspect juridique des choses, les ignares au lieu d’interroger cette pratique indigne d’une ‘démocratie’ auront l’amalgame facile : c’est connu le métal où les musiques dites electro-industrielle sont ferment de violences ; pourquoi se plaindre alors ? En outre Skinny puppy dans ses shows ne lésine avec les flots d’hémoglobine ou le déviant – le chanteur s’en explique d’ailleurs dans l’entretien…
Mais revenons aux faits et écoutons Nivek Ogre :
"I was told that people were forced to listen to music at an intolerable level," said Key. "This one particular interrogator would put one of our songs on repeat for 6-10 hours at a time. After six hours [the prisoners] was belittled, kicked, punched and so on. I just can't imagine music being used that way."
Dans ces conditions comment ne pas comprendre que n’importe qu’elle musique fait l’affaire, requiem de Mozart compris.
D’ailleurs comme le rappelle le chanteur de Skinny puppy, d’autres artistes ont été également détournées à cette fin (ainsi Britney spears) :
« 72 hours of anything being blast at high volume in a cold room when you are shackle at the ankle… when you are prostrate with people pouring cold water inside you…”
Pour qui a vu l’excellente série Homeland auront une petite idée du procédé – encore qu’il doit s’agir d’une version édulcorée.
Une version ici détournée, avec un autre genre de musique… Chez moi c’est pire !...
Ne nous y trompons pas. Le chiffre est symbolique et ils n’escomptent pas le paiement. Mais au moins l’affaire se trouve ainsi portée sur la place publique :
“…. the band chose a "random evil figure" of $666,000 as compensation for the unauthorized use of "original music for U.S. interrogation purposes," they don't expect the government to provide a timely response to their demands. "We're not looking to get monetarily reimbursed," Key said. "If we received anything from the government we'd probably donate it back to survivors of PTSD [post traumatic stress disorder]."
Enfin, puisqu’il est question au cours de l’entretien du morceau “Killing game” décrit comme une « anti war balade » :
Et, passant, ce mot de Nivek, au cours de l’interview :
« Whistle blowers are wonderful… In think it’s the bravest thing in the world especially with such a huge (machine clamping down on them, demonising them, finding very little thing…. »
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Worlock (Live in Waregem 2010)
Filmé par votre serviteur
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* Abby Martin features an exclusive interview with Nivek Ogre, lead singer of the industrial music group Skinny Puppy, discussing the band's reaction to their music being used to torture Guantanamo detainees, as well as their motivation to be politically confrontational, their passion for animal rights, and the need to speak out in time of universal deceit.
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Skinny Puppy – Illisit
(morceau d'une actualité brûlante ; attendant un 'patriot act' version française)
Confronté à une altérite radicale de la langue, il n’est jamais aisé de naviguer.
Mais par-delà l'étrangeté de la voix, clapotis flûté dans un ciel immense ; là, parmi ces jardins abandonnés où fleurissent nos regrets en herbes folles.
Ce timbre universel du vague à l'âme...
Perdu sur la toile à la quête, sinon d'un sens, du moins d'une empreinte ;
D'un effleurement plutôt...
De ce que mon entendement a pu saisir :
Trịnh Công Sơn est l'auteur du texte ; il l'un des plus grands compositeurs de chanson vietnamien.
Ru Ta Ngậm Ngùiest le titre de cette chanson aux accents mélancoliques: mélodie appartenant à la mouvance dite jaune, par opposition à la chanson rouge, révolutionnaire.
Pour la beauté des signes :
Môi nào hãy còn thơm, cho ta phơi cuộc tình.
Tóc nào hãy còn xanh, cho ta chút hồn nhiên
Tim nào có bình yên, ta rêu rao đời mình
Xin người hãy gọi tên.
Khi tình đã vội quên, tim lăn trên đường mòn
Trên giọt máu cuồng điên, con chim đứng lặng câm
Khi về trong mùa đông, tay rong rêu muộn màng.
Thôi chờ những rạng đông..
Xin chờ những rạng đông
Đời sao im vắng
Như đồng lúa gặt xong
Như rừng núi bỏ hoang
Người về soi bóng mình.
Giữa tường trắng lặng câm.
Có đường phố nào vui, cho ta qua một ngày
Có sợi tóc nào bay, trong trí nhớ nhỏ nhoi
Không còn, không còn ai, ta trôi trong cuộc đời
Không chờ, không chờ aị
Em về, hãy về đi, ta phiêu du một đờị
Hương trầm có còn đây, ta thắp nốt chiều nay
Xin ngủ trong vòng nôi, ta ru ta ngậm ngùi,
Xin ngủ dưới vòm cây ...
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Et ne pouvant me fier qu'à une traduction automatique, pas même redessinée (j'en suis bien incapable) :
Environnement mais toujours parfumé, pour répandre l'amour.
Pourtant, les cheveux encore verts, nous donne petit innocent
Tim ne avoir la paix, nous réclamer sa vie
Se il vous plaît appeler noms de personnes.
Lorsque la situation a été vite oublié, cœur roulant sur la piste
Sur la rage de sang, se tenait oiseaux silencieux
Lorsque l'hiver, la main de mousse tard.
Eh bien attendre l'aube ..
Se il vous plaît attendre l'aube
La vie si tranquille
Comme la récolte de paddy est terminée
Comme jungle déserté
La réfléchi sur elle.
Entre le mur blanc silencieux.
Avoir rue amusant, nous donner un jour
Il ya vol de cheveux petite mémoire
Non, pas une, nous sommes allés dans la vie
Pas d'attente, pas une
Je suis sur, rentrons à la maison, faire un double aventures
Encens encore ici, je allumai cet après-midi notes
Se il vous plaît dormir dans la crèche, nous nous endormir avec pitié,
Se il vous plaît de dormir sous la canopée ...
______________
Une autre chanteuse,
Giang Trang
Une autre chanson :
Puis la même que celle interprétée plus haut par Trịnh Công Sơn