La dispersion est, dit-on, l'ennemi des choses bien faites. Et quoi ? Dans ce monde de la spécialisation extrême, de l'utilitaire et du mesurable à outrance y aurait-il quelque mal à se perdre dans les labyrinthes de l'esprit dilettante ?
A la vérité, rien n’est plus savoureux que de muser parmi les sables du farniente, sans autre esprit que la propension au butinage, la légèreté sans objet prédéterminé.
Broutilles essentielles. Ratages propices aux heures languides...
J’aime que l’on puisse, dans un livre traitant de cosmologie,
terminer un chapitre consacré à l’espace par ces mots :
« Une croissance exponentielle de l’utilisation
des ressources dans un monde fini ne peut pas durer indéfiniment. C’est un fait
scientifique que même un économiste néolibéral ne peut – ou ne devrait pouvoir –
ignorer. Il est aujourd’hui indéniable que les activités humaines entraineront
d’ici une trentaine d’années une extinction faramineuse et sans équivalent dans
sa célérité, d’environ 30% des espèces. Les effets climatiques induits par nos
émissions de gaz à effet de serre sont tellement immenses que même en
interrompant maintenant strictement toute activité, la température du globe
continuerait d’augmenter pendant plus de deux cent ans. Un drame sans précédent
dans notre histoire se joue en ce moment. Une crise totale à l’échelle
planétaire. Une crise irréparable dans l’étendue de son saccage. Nous en sommes
informés et convaincus mais nous n’en tenons pas compte. Cette indifférence
sidérante à l’égard de notre descendance – et, au-delà – de l’ensemble des
vivants –pose des questions immenses quant à notre capacité à penser la tension
entre finitude et infinité, entre grandeur et déchéance, entre éternité rêvée
et suicide commis »
Aurélien Barrau, Des univers multiples. A l’aube d’une
nouvelle cosmologie
(Pp 25 – 26)
_____________________
L’art essentiel de l’écart.
Une évidence d’évidence assez mal partagée. Ainsi telle personnalité médiatique, atteinte d’écophobia au dernier stade, ulcérée que l’on
puisse primer un livre sur l’épreuve des limites (Une question de taille,
Olivier Rey).
« L’idée qu’un développement illimitée est impossible parce
que les ressources sont limitées est une idée absurde. Je pense que c’est une
erreur totale ! »
« Music is beautiful thing to inspire and heal. But one the last thing you would expect to be used for : is torture…”
(Abby Martin) *
Qu’arrive-t-il lorsque vous découvrez avec effarement que vos morceaux ont été détournés à des fins de torture ?… Un comble lorsque vous défendez l’écologie d’une manière générale, la cause animale en particulier, et que vous êtes horrifié de voir les activistes en ce domaine qualifiés par le gouvernement US de terroristes, que vous dénoncez encore les dérives de l’état sécuritaire, sa collusion avec les complexes militaro-industriels …
Bien sûr, au-delà de l’aspect juridique des choses, les ignares au lieu d’interroger cette pratique indigne d’une ‘démocratie’ auront l’amalgame facile : c’est connu le métal où les musiques dites electro-industrielle sont ferment de violences ; pourquoi se plaindre alors ? En outre Skinny puppy dans ses shows ne lésine avec les flots d’hémoglobine ou le déviant – le chanteur s’en explique d’ailleurs dans l’entretien…
Mais revenons aux faits et écoutons Nivek Ogre :
"I was told that people were forced to listen to music at an intolerable level," said Key. "This one particular interrogator would put one of our songs on repeat for 6-10 hours at a time. After six hours [the prisoners] was belittled, kicked, punched and so on. I just can't imagine music being used that way."
Dans ces conditions comment ne pas comprendre que n’importe qu’elle musique fait l’affaire, requiem de Mozart compris.
D’ailleurs comme le rappelle le chanteur de Skinny puppy, d’autres artistes ont été également détournées à cette fin (ainsi Britney spears) :
« 72 hours of anything being blast at high volume in a cold room when you are shackle at the ankle… when you are prostrate with people pouring cold water inside you…”
Pour qui a vu l’excellente série Homeland auront une petite idée du procédé – encore qu’il doit s’agir d’une version édulcorée.
Une version ici détournée, avec un autre genre de musique… Chez moi c’est pire !...
Ne nous y trompons pas. Le chiffre est symbolique et ils n’escomptent pas le paiement. Mais au moins l’affaire se trouve ainsi portée sur la place publique :
“…. the band chose a "random evil figure" of $666,000 as compensation for the unauthorized use of "original music for U.S. interrogation purposes," they don't expect the government to provide a timely response to their demands. "We're not looking to get monetarily reimbursed," Key said. "If we received anything from the government we'd probably donate it back to survivors of PTSD [post traumatic stress disorder]."
Enfin, puisqu’il est question au cours de l’entretien du morceau “Killing game” décrit comme une « anti war balade » :
Et, passant, ce mot de Nivek, au cours de l’interview :
« Whistle blowers are wonderful… In think it’s the bravest thing in the world especially with such a huge (machine clamping down on them, demonising them, finding very little thing…. »
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Worlock (Live in Waregem 2010)
Filmé par votre serviteur
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* Abby Martin features an exclusive interview with Nivek Ogre, lead singer of the industrial music group Skinny Puppy, discussing the band's reaction to their music being used to torture Guantanamo detainees, as well as their motivation to be politically confrontational, their passion for animal rights, and the need to speak out in time of universal deceit.
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Skinny Puppy – Illisit
(morceau d'une actualité brûlante ; attendant un 'patriot act' version française)
Confronté à une altérite radicale de la langue, il n’est jamais aisé de naviguer.
Mais par-delà l'étrangeté de la voix, clapotis flûté dans un ciel immense ; là, parmi ces jardins abandonnés où fleurissent nos regrets en herbes folles.
Ce timbre universel du vague à l'âme...
Perdu sur la toile à la quête, sinon d'un sens, du moins d'une empreinte ;
D'un effleurement plutôt...
De ce que mon entendement a pu saisir :
Trịnh Công Sơn est l'auteur du texte ; il l'un des plus grands compositeurs de chanson vietnamien.
Ru Ta Ngậm Ngùiest le titre de cette chanson aux accents mélancoliques: mélodie appartenant à la mouvance dite jaune, par opposition à la chanson rouge, révolutionnaire.
Pour la beauté des signes :
Môi nào hãy còn thơm, cho ta phơi cuộc tình.
Tóc nào hãy còn xanh, cho ta chút hồn nhiên
Tim nào có bình yên, ta rêu rao đời mình
Xin người hãy gọi tên.
Khi tình đã vội quên, tim lăn trên đường mòn
Trên giọt máu cuồng điên, con chim đứng lặng câm
Khi về trong mùa đông, tay rong rêu muộn màng.
Thôi chờ những rạng đông..
Xin chờ những rạng đông
Đời sao im vắng
Như đồng lúa gặt xong
Như rừng núi bỏ hoang
Người về soi bóng mình.
Giữa tường trắng lặng câm.
Có đường phố nào vui, cho ta qua một ngày
Có sợi tóc nào bay, trong trí nhớ nhỏ nhoi
Không còn, không còn ai, ta trôi trong cuộc đời
Không chờ, không chờ aị
Em về, hãy về đi, ta phiêu du một đờị
Hương trầm có còn đây, ta thắp nốt chiều nay
Xin ngủ trong vòng nôi, ta ru ta ngậm ngùi,
Xin ngủ dưới vòm cây ...
_______________
Et ne pouvant me fier qu'à une traduction automatique, pas même redessinée (j'en suis bien incapable) :
Environnement mais toujours parfumé, pour répandre l'amour.
Pourtant, les cheveux encore verts, nous donne petit innocent
Tim ne avoir la paix, nous réclamer sa vie
Se il vous plaît appeler noms de personnes.
Lorsque la situation a été vite oublié, cœur roulant sur la piste
Sur la rage de sang, se tenait oiseaux silencieux
Lorsque l'hiver, la main de mousse tard.
Eh bien attendre l'aube ..
Se il vous plaît attendre l'aube
La vie si tranquille
Comme la récolte de paddy est terminée
Comme jungle déserté
La réfléchi sur elle.
Entre le mur blanc silencieux.
Avoir rue amusant, nous donner un jour
Il ya vol de cheveux petite mémoire
Non, pas une, nous sommes allés dans la vie
Pas d'attente, pas une
Je suis sur, rentrons à la maison, faire un double aventures
Encens encore ici, je allumai cet après-midi notes
Se il vous plaît dormir dans la crèche, nous nous endormir avec pitié,
Se il vous plaît de dormir sous la canopée ...
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Une autre chanteuse,
Giang Trang
Une autre chanson :
Puis la même que celle interprétée plus haut par Trịnh Công Sơn
(Supprimé d'Overblog pour cause d'infection publicitaire)
Billet augmenté, comme l'on dit.
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Tripalium
Lorsque l’on sait avec quel cynisme (au sens le plus vulgaire du terme) certains camelots ont cherchés à vendre au bon peuple la rance tripaille de la « valeur travail », il n’est pas inutile de faire un peu d’histoire. Sur l’étymologie du mot : travail provient du latin « Tripalium », un instrument de torture qui consistait en un assemblage trois pieux, utilisé par les romains pour punir les esclaves rebelles. Ceci en dit long sur la manière dont le labeur était considéré dans l’antiquité. D’ailleurs, chez les grecs, pour faire court, la valeur travail n’existait pas et le labeur était à la charge des esclaves ; l’idéal du citoyen se trouvant plutôt dans le loisir, l'Otium (entretien du corps et de l’esprit) et la participation aux affaires de la Cité. Les siècles passant on ne s’y trompât point davantage, et le Tripalium restera, « c’est attesté au début du moyen-âge un instrument de supplice, dont dérive le terme " travail " désignant l’outil de contention familier aux éleveurs. Le dictionnaire nous rappelle pertinemment l'historique et le croisement étymologique avec " trabicula ", petite travée, poutre, désignant un chevalet de torture : (trabiculare signifie " torturer " et " travailler ", au sens, de " faire souffrir "). Et c’est bien dans cette acception que s’utilise en ancien français le terme " travailler " et cela jusqu’au 12e et 13e siècle, et s’applique non seulement aux suppliciés, ou aux femmes en proies aux douleurs de l’enfantement, mais aussi aux agonisants. »[1].
Les choses ne vont véritablement changer qu’au courant du XIXe siècle (au XVIIe siècle, avec Adam Smith, le travail est considéré comme créateur de richesse, mais n’est pas connoté positivement). Ainsi c’est avec les temps modernes, qu’on constatera ce paradoxal renversement des valeurs, avec le travail, qui progressivement passera d’un statut de fardeau nécessaire à celui d’une activité « noble », riche de moult facteurs d’épanouissement ; « liberté créatrice ». Etc.
Aujourd’hui, au-delà du tout débat idéologique, alors qu’en occident nous croulons littéralement sous les marchandises et les gadgets les plus inutiles, tandis que nombreux sont ceux qui ne parviennent même plus à se mettre sous le joug d’un employeur, sans doute parce que d’autres, incités à être beaucoup trop productifs, crèvent à la tâche, ne serait-il pas judicieux de relever le nez du guidon et de déjà se demander si nous avons toujours autant travaillé ?
Qu'en était-il par exemple au Moyen-Age ?
Travail médiéval
Si la journée de travail au Moyen-Age suivait les cycles du jour, et variait donc de sept à huit heures en hiver jusqu’à environ quatorze heures en été, la somme de travail annuelle était néanmoins beaucoup plus faible qu’aux époques modernes.
Le motif en est simple : « il ne suffit pas d’apprécier la durée de la journée de travail, mais il faut tenir compte du nombre de jours de chômage consacrés au repos ou à la célébration des fêtes. » (2)
Ainsi :
« Chômage complet
Le travail est entièrement suspendu à certains jours consacrés au repos et à la célébration de cérémonies religieuses. Il en est ainsi :
1° Tous les dimanches de l’année. L’interdiction du travail se retrouve dans tous les registres des métiers et est sanctionnée par de sévères pénalités. On lit notamment dans les Registres du Châtelet, à la date du 17 mars 1401 : « Condémpnons Jehan le Mareschal esguilletier en 10 sols tournois d’amende pour ce que dimanche passé il exposa esguillettes en vente ».
2° Les jours de fêtes religieuses. Ces fêtes étaient alors très nombreuses, et le statut des talemeliers les énumère. La liste en est longue :
Les fêtes de l’Ascension et des Apôtres, le lundi de Pâques et la Pentecôte, Noël et les deux jours qui suivent Noël
1° Janvier. - Sainte Geneviève et l’Epiphanie
2° Février. - La Purification de la Sainte Vierge
3° Mars. - L’Annonciation
4° Mai. - Saint Jacques le Mineur et saint Philippe ; l’Invention de la Sainte Croix
5° Juin. - La Nativité de Saint Baptiste
6° Juillet. - Sainte Marie Madeleine ; Saint Jacques le Majeur et Saint Christophe
7° Août. - Saint Pierre ès-Liens ; Saint Laurent ; l’Assomption ; Saint Barthélemy
8° Septembre. - La Nativité de la Sainte Vierge ; l’Exaltation de la Sainte Croix
9° Octobre. - Saint Denis
10° Novembre. - La Toussaint et les Morts ; la Saint Martin
11° Décembre. - Saint Nicolas
Au total 27 fêtes auxquelles il faut en ajouter sans doute encore, si l’on veut tenir compte des chômages collectifs ou individuels, une demi-douzaine d’autres : la fête du saint patron de la confrérie, celle des saints patrons de la paroisse, de chaque maître en particulier, de sa femme, etc. En somme le travail était complètement suspendu chaque année pendant environ 80 à 85 jours. »
Bruegel - La kermesse
Trêve de circonvolution oisives, allons derechef sur la grève déboucher cette missive que la mer nous amène :
« Il convient de rappeler un fait que les laudateurs du progrès social oublient volontiers : rarement les hommes (et surtout les femmes) n’ont autant travaillé qu’à notre époque. Au Moyen Age, entre les fêtes religieuses, celles de son quartier, de sa corporation et les foires, un artisan parisien bénéficiait d’au minimum 150 jours fériés par an. La journée de travail d’un paysan n’était pas mesurable parce que constamment interrompue, et à la fin de chaque été, la fête de la moisson venait célébrer la fin annuelle du labeur. Si un Méphisto était venu proposer aux gueux de l’époque le marché suivant : je vous offre le chauffage central, la machine à laver et la sécurité sociale, mais c’est à condition que vous doubliez votre temps de travail et renonciez aux jouissances communautaires, il est peu probable qu’ils l’eussent accepté. (…)Aujourd’hui encore, les touristes occidentaux ne peuvent réfréner leur nostalgie à la vue de peuplades qui, tout en vivant dans un dénuement extrême, « se donnent le temps de vivre ». Ce temps, les formidables gains de productivité de la société industrielle ne nous l’ont pas restitué. Ceci ne signifie évidemment pas que la pauvreté à l’ancienne provoque la joie de vivre, mais bien que le travail moderne la tue ».
Guillaume Paoli – Eloge de la démotivation (P113 – 115)
« Un fragment détaché tout à coup de la voûte de la Bibliothèque a roulé à mes pieds, comme je passais : un peu de poussière s'est élevée, quelques plantes ont été déchirées et entraînées dans sa chute. Les plantes renaîtront demain ; le bruit et la poussière se sont dissipées à l'instant : voilà ce nouveau débris couché pour des siècles auprès de ceux qui paraissaient l'attendre. Les empires se plongent de la sorte dans l'éternité où ils gisent silencieux. »
« L’effet de ses compositions bonnes ou mauvaises, c’est de vous laisser dans une douce mélancolie. Nous attachons nos regards sur les débris d’un arc de triomphe, d’un portique, d’une pyramide, d’un temple, d’un palais; et nous revenons sur nous-mêmes; nous anticipons sur les ravages du temps; et notre imagination disperse sur la terre les édifices mêmes que nous habitons. À l’instant la solitude et le silence règnent autour de nous. Nous restons seuls de toute une nation qui n’est plus. Et voilà la première ligne de la poétique des ruines. »
(Billet initial supprimé de la plateforme overblog, infestée désormais de publicité)
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Dessin de Alfred Le Petit, "L'enseignement supérieur clérical", Le Grelot n°474, 9/5/1880.
Il y a quelques jours, vaquant à de profanes activités j’écoutais d’une oreille une émission du Grain à moudre intitulée : « L'anticléricalisme est-il une idée morte ? ».
Le chapeau d’introduction débutait en ces termes :
« Ce n’est pourtant pas l’actualité qui manquait en ce dernier week-end d’avril, mais les chaînes d’information avaient choisi de jeter leur dévolu sur un événement qualifié d’‘’historique’’, qualificatif permettant de justifier une couverture non stop, forcément en direct, de la canonisation de deux anciens Papes, Jean XXIII et Jean-Paul II.
A chacun d’apprécier l’importance d’un tel événement. Mais on peut s’étonner, dans un pays censé avoir inventé, et la laïcité, et l’anticléricalisme, qu’une telle couverture médiatique n’ait pas suscité davantage de débat. Comme n’en suscita pas non plus (ou alors à peine plus) la décision du premier ministre français d’assister à cette cérémonie religieuse, au nom de la France ».
Et reprenant hier soir le début des « pathologies de la démocratie » de Cynthia Fleury, mû par ces espèces de hasards guidés par l’intuition d’une sourde nécessité, je redécouvrais un extrait oublié de l’admirable discours du 15 janvier 1850 de Victor Hugo prononcé contre le projet de loi Falloux sur l’enseignement.
Il n’est pas inutile ici de rappeler que Cynthia Fleury à tiré elle-même cet extrait de l’essai d’Henri Pena-Ruiz, « La laïcité ».
« Je considère comme une dérision de faire surveiller, au nom de l'État, par le clergé l'enseignement du clergé. En un mot, je veux, je le répète, ce que voulaient nos pères, l'Église chez elle et l'État chez lui. (…)
Nous connaissons le parti clérical. C'est un vieux parti qui a des états de services. C'est lui qui monte la garde à la porte de l'orthodoxie. C'est lui qui a trouvé pour la vérité ces deux étais merveilleux, 1'ignorance et l'erreur. C'est lui qui fait défense à la science et au génie d'aller au-delà du missel et qui veut cloîtrer la pensée dans le dogme. Tous les pas qu'a faits l'intelligence de l'Europe, elle les a faits malgré lui. Son histoire est écrite dans l'histoire du progrès humain, mais elle est écrite au verso. Il s'est opposé à tout.
C'est lui qui a fait battre de verges Prinelli pour avoir dit que les étoiles ne tomberaient pas. C'est lui qui a appliqué Campanella sept fois à la question pour avoir affirmé que le nombre des mondes était infini et entrevu le secret de la création. C'est lui qui a persécuté Harvey pour avoir prouvé que le sang circulait. De par Josué, il a enfermé Galilée ; de par saint Paul, il a emprisonné Christophe Colomb. Découvrir la loi du ciel, c'était une impiété ; trouver un monde, c'était une hérésie. C'est lui qui a anathématisé Pascal au nom de la religion, Montaigne au nom de la morale, Molière au nom de la morale et de la religion. Oh ! oui certes, qui que vous soyez, qui vous appelez le parti catholique et qui êtes le parti clérical, nous vous connaissons. Voilà longtemps déjà que la conscience humaine se révolte contre vous et vous demande : qu'est-ce que vous me, voulez ? Voilà longtemps déjà que vous essayez de mettre un bâillon à l'esprit humain ! (…)
Et tout ce qui a été écrit, trouvé, rêvé, déduit, illuminé, imaginé, inventé par les génies, le trésor de la civilisation, l'héritage séculaire des générations, le patrimoine commun des intelligences, vous le rejetez ! Si le cerveau de l'humanité était là devant vos yeux à votre discrétion, ouvert comme la page d'un livre, vous y feriez des ratures… »
Victor Hugo
Dans le prolongement, Cynthia Fleury écrit quelques pages plus loin, faisant appel à Michel Foucault (p 69) :
« L’enseignant et l’école ont la charge de permettre à l’esprit critique d’émerger, en lui offrant la possibilité d’une mise à distance de l’idéologie du milieu dont il est issu. L’enseignement est toujours une ‘critique du milieu familial, non pas simplement dans ses effets éducatifs mais (…) par l’ensemble des valeurs qu’il transmet et impose’ c’est-à-dire une ‘critique de ce que nous appellerions dans notre vocabulaire l’idéologie familiale’ »
Cynthia Fleury, Les pathologie de la démocratie
(avec une citation de Michel Foucault, L’herméneutique du sujet. Cours au Collège de France)
En ce sens les écoles confessionnelles relèvent de l’aberration; une hérésie (pour reprendre un terme connoté) renforçant la servitude, et attisant les braises du préjugé identitaire – fossoyeur de l’esprit critique.
Juste pour la beauté du geste... Parce que j'en ai envie. Inutile de raconter l'époque.
.
Ce titre, Summertime sadness est tiré du dernier album en date de Within Temptation, Hydra, sorti l'an passé.
Lors de leur passage à Lille, fin avril, j'y avais emmené mon fils, pour son premier concert ; ma fille était évidemment aussi de la fête...
Je me rappelle ses regards...
Il était extasié. Littéralement.
Nous étions dans l'axe, invisibles dans la quatrième ou cinquième rangée.
Un de ces moments que l'on n'oublies pas...
Voilà le seul genre de manifestation collective qui n'a pas a priori l'art de me déplaire.
Tout le contraire.
Hydra tour - Within Temptation, Lille april 28th 2014
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WITHIN TEMPTATION LYRICS
"Summertime Sadness" (originally by Lana Del Rey)
Kiss me hard before you go
Summertime sadness
I just wanted you to know
That baby, you the best
I got my red dress on tonight
Dancin' in the dark in the pale moonlight
Done my hair up real big, beauty queen style
High heels off, I'm feelin' alive
Oh my God, I feel it in the air
Telephone wires above
Are sizzlin' like a snare
Honey I'm on fire, I feel it everywhere
Nothin' scares me anymore
(1, 2, 3, 4)
Kiss me hard before you go
Summertime sadness
I just wanted you to know
That baby, you the best
I got that summertime, summertime sadness
Su-su-summertime, summertime sadness
Got that summertime, summertime sadness
I'm feelin' electric tonight
Cruisin' down the coast, goin' about 99
Got my bad baby by my heavenly side
I know if I go, I'll die happy tonight
Oh my God, I feel it in the air
Telephone wires above
Are sizzlin' like a snare
Honey I'm on fire, I feel it everywhere
Nothin' scares me anymore
(1, 2, 3, 4)
Kiss me hard before you go
Summertime sadness
I just wanted you to know
That baby, you the best
I got that summertime, summertime sadness
Su-su-summertime, summertime sadness
Got that summertime, summertime sadness
Think I'll miss you forever
Like the stars miss the sun in the morning sky
Later's better than never
Even if you're gone I'm gonna drive
I got that summertime, summertime sadness
Su-su-summertime, summertime sadness
Got that summertime, summertime sadness
Kiss me hard before you go
Summertime sadness
I just wanted you to know
That baby, you the best
I got that summertime, summertime sadness
Su-su-summertime, summertime sadness
Got that summertime, summertime sadness
(Billet initial supprimé de la plateforme overblog, infestée désormais de publicité)
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Voici un livre
qui n’était pas dans mes projets de lecture. Encore aujourd’hui je ne saurai en
cerner véritablement le motif. Pour tenter de comprendre cette indifférence,
voire cette méfiance envers « La stratégie du choc» je dois tout d’abord reconnaître que,
peu porté sur les grands médias, je ne connaissais alors pas mieux que le nom
de cette nouvelle « icône » de l’altermondialisme, auteur disait-on
d’un best-seller de la littérature alternative, « no-logo », sur
lequel je n’ai aucun avis pour ne point l’avoir lu. Cependant le titre même de
cet essai, daté de 2000, me paraissait symptomatique de ce type d’ouvrages
opportunistes destinés à capter les deniers d’un lectorat conquis d’avance.
Bref, rien qui ne doive donner véritable matière à réflexion, mais plutôt
susciter l’adhésion de principe. D’autant qu’au sujet des marques j’avais en
tête une subtile analyse de Guillaume
Paoli qui, pour
ceux s’interrogeant sur leur pratiques de consommation, a la vertu du poil à
gratter. A savoir que si « … vous pouvez commander une paire de
chaussures « no-logo » en cuir végétarien fabriquées par des
travailleurs syndiqués, pour 95 dollars seulement ! » Il
n’en est pas moins « …aisé de remarquer que cette annonce est elle-même
une publicité qui s’est simplement emparée d’un autre support, en l’occurrence
un site Internet anti-publicitaire. Elle atteindra ainsi un segment d’acheteurs
potentiels qui n’auraient sans doute pas pu être touchés autrement ». Conséquence
de quoi, «… tout autant que les Nike, les chaussures no-logo
sont des icônes symbolisant une valeur immatérielle : l’appartenance à une
communauté politiquement correcte et socialement consciente ».
Mais revenons
sur cette « montée d’un capitalisme du désastre ». Quelques
renseignements pris, et sachant la dame journaliste, je concède n’avoir
pressenti alors dans ce nouvel opus qu’une espèce de grosse machine commerciale
à la mode anglo-saxonne, surfant à bon compte sur la vague de constats bien
réel, mais sans rien n’apporter de neuf au débat. A ce sentiment mitigé,
trop de publicité sans doute, une trop manifeste débauche de moyens aussi. Sans
compter cet unanimisme du côté d’une certaine gauche radicale, compensée par
une haie de haussements d’épaules condescendants dans le camp adverse.
« Ce
livre est énorme, il y a des tas d’éléments précis, et donc cela à toutes les
apparences de l’enquête scientifique. Et c’est ça qui est trompeur. En réalité
elle ne choisit que ce qui l’intéresse, elle procède par des glissements
sémantiques, dont certains sont totalement insultants… »
Technique n°3 :
Indignation
Rejeter le
sujet de façon indignée
Technique n°6 :
Messager
Décrédibiliser
le porteur du message.
« Il
faudrait des heures pour réfuter la thèse de Naomi Klein, car comme elle est
extrêmement foisonnante, et elle procède par des choix qui sont tout sauf
scientifiques, qui sont tous téléologiques, on ne peut pas tout réfuter… Les
liens de causalité sont toujours, ou presque artificiels, ou intentionnellement
insultants… »
Technique n°7 :
Biais
Exacerber tous
les faits qui pourraient donner à penser que l’opposant opère en dissimulant
ses véritables intentions ou est sujet à tout autre forme de biais.
« Ce
sont des billevesées. C’est du Goubli-boulga. Littéralement cela n’a aucun
sens ! Elle mélange tout… Et ce qui est troublant, elle parle du
libéralisme, de l’avenir du libéralisme, des limites du libéralisme. Ça c’est
un sujet. Mais quand on veut le comprendre il faut regarder les choses telles
qu’elles sont. C’est-à-dire qu’associer la dictature et le marché comme elle le
fait, ça n’a rigoureusement aucune vérité historique(…) La théorie
du complot c’est idiot ! S’en prendre à Milton Friedman est totalement
déplacé… C’est la société qui a demandé le libéralisme…»
(Entre autre)
Technique n°6 : Messager
Décrédibiliser
le porteur du message. Par extension, associer les opposants à des
dénominations impopulaires telles que « excentrique », « extrême-droite », «
gauchiste », « terroriste », « conspirationniste »,
Technique n°5 :
Homme de paille Présenter la
position de son adversaire de façon volontairement erronée.
Julie Clarini, reprenant alors parole pour tempérer l’ardeur belliqueuse du chroniqueur de « La Tribune » : « Ce qui est intéressant dans le livre c’est le passage par l’école de Chicago. Voir que les idées naissent quelque part et qu’elles s’ordonnent quelque part avant d’être diffusées ». Rien n’y fait… Contrée dans la foulée par son coéquipier mal inspiré : « Pour Milton Friedman il faut savoir que la liberté économique ne pouvais exister durablement sans liberté politique. C’est pour ça qu’à la fin de sa vie, d’ailleurs, il a donné une interview au ‘ financial times’ dans lequel il disait qu’il était beaucoup plus confiant dans l’avenir économique de l’Inde, parce qu’elle était libérale, que dans celui de la Chine. Et il disait que la Chine va vers un clash parce que la liberté économique et collectivisme politique ne sont pas compatible…(…) Si Friedman a conseillé des régimes dictatoriaux, il l’a fait justement parce qu’il ne croyait pas à la politique du pire qui aurait consisté à laisser ces régimes tomber du poids de leurs propres échecs (…) Loin d’être un artisan de la thérapie de choc Friedman était au contraire quelqu’un qui cherchait le moindre mal… ». Reconnaissons là d’un bel exercice de sophistique doublé d’une mauvaise foi exemplaire. Ce qui permet à l’un des détracteurs de NK de surenchérir sans trop d’encombre : « On caricature Friedman en en faisant un séide des puissances de l’argent. Ce n’était pas du tout son ambition ». Et, du haut de sa magnanimité, de regretter néanmoins le séjour du maître dans le Chili de Pinochet. Mais son acolyte trouve la concession malvenue : « Je ne crois pas que ce soit factuel. Il est allé une fois au Chili pour 6 jours à l’invitation d’une fondation privée… »
Technique n°10 : Innocence
Faire
l’innocent. Quelle que soit la solidité des arguments de l’opposant, éviter la
discussion en leur contestant toute crédibilité, toute existence de preuves,
toute logique ou tout sens. Mélanger le tout pour un maximum d’efficacité.
Bref, reléguant
aussitôt après écoute cette émission dans les limbes des mauvais débats, ce ne
fut seulement lors de la sortie de la version poche de l’ouvrage, à l’automne
dernier, que me revint en tête l’aigreur et la vindicte de ces gens adeptes de
l’esquive, si policés d’ordinaire ; trouble qui m’a incité à franchir le
pas et acheter « La stratégie du choc » afin de m’en
faire ma propre idée…
Sur le cas
Friedman, voyons succinctement quelques arguments pris du livre et les
faits avancés à ce sujet :
« Peu
de temps après l’élection d’Allende, (…) l’université catholique, fief des
Chicago
boys, devint l’épicentre de ce que la CIA appela la
« création d’un mouvement propice à un coup d’Etat » (…) Saenz,
président de l’Association nationale des manufacturiers recruta quelques
Chicago boys, à qui il confia la tâche de concevoir les programmes de rechange
et d’ouvrir un nouveau bureau près du palais présidentiel de Santiago. Le
groupe, dirigé par Sergio de Castro, diplômé de Chicago commença à tenir des
réunion secrètes hebdomadaires au cours desquelles ses membres élaboraient des
projets radicaux de transformation de leur pays dans le plus pur esprit du
néolibéralisme. Selon l’enquête menée ultérieurement par le Sénat américain,
« plus de 75% » du financement du « groupe de recherche de
l’opposition » venait directement de la CIA. (…)
Au moment où la
solution violente semblait l’emporter, par les truchements de Roberto Kelly,
homme d’affaire financé par la CIA, les Chicago boys transmirent à l’amiral
responsable un résumé de leurs idées, qui tenait en 500 pages. (…)
Au Chili, leur
bible de 500 pages – programme économique détaillé dont s’inspira la junte dès
les premiers jours – fut surnommée « la brique » (…)
Le 12 septembre
1973, un exemplaire de « la brique » ornait le bureau de chacun des
généraux à qui allaient incomber des fonctions gouvernementales. Les
propositions contenues dans le document ressemblaient à s’y méprendre à celles
que formule Friedman dans Capitalisme et liberté : privatisations,
déréglementation et réduction des dépenses sociales. (…)
Pinochet fit
aussitôt de quelques diplômés de Chicago – notamment Sergio de Castro,
principal auteur de « la brique » - ses proches conseillers
économiques. (…) Pinochet avait beau tout ignorer de l’inflation et des taux
d’intérêts, les technos parlaient un langage qu’il comprenait. Pour eux,
l’économie était l’équivalent de forces naturelles redoutables auxquelles il
fallait obéir : « Aller à l’encontre de la nature est
improductif. A ce jeu on se dupe soi-même » (…) Pendant les 18 premiers
mois, Pinochet suivit fidèlement les prescriptions de l’école de
Chicago (…). En 1974, l’inflation atteignit 375% et le prix de denrées
essentielles telles le pain explosa. En même temps, de nombreux chiliens
perdaient leur emploi (…) Fidèles au dogme, Sergio de Castro et les autres
Chicago boys soutenaient que leur théorie n’était pas en cause. Le problème
venait plutôt du fait que leurs prescriptions n’étaient pas appliquées avec
assez de rigueur. (…) Leur programme gravement compromis, les Chicago boys
décidèrent que le moment était venu de prendre les grands moyens. En mars 1975,
dans l’espoir de sauver l’expérience, Milton Friedman et Arnold Harberger
s’envolèrent pour Santiago à l’invitation d’une grande banque chilienne.
Friedman fut accueilli par la presse, inféodée à la junte, comme une star, le
gourou d’un ordre nouveau. Ses déclarations faisaient la une ; ses
conférences universitaires étaient diffusées à la télévision nationale. Il eut
droit à l’audience la plus importante qui fut : un entretien privé avec le
général Pinochet.
Tout au long de
son séjour, Friedman rabâcha le même thème : la junte était sur la bonne
voie, mais elle devait adhérer aux préceptes du néolibéralisme avec encore plus
de discipline. Dans ses discours et ses interviews, il utilisa une expression
qui n’avait jamais encore été brandie dans le cadre d’une crise économique
réelle : « traitement de choc ». (…)
Pinochet fut
converti. Dans sa réponse, le chef suprême du Chili disait avoir pour Friedman
« les plus grands et les plus respectueux égards » ; il assura
ce dernier que « le plan est appliqué à la lettre en ce moment
même ». Immédiatement après la visite de Friedman, Pinochet congédia son
ministre de l’Economie et le remplaça par Sergio Castro, qu’il hissa par la
suite au poste du ministre des Finances. Castro truffa le gouvernement de
Chicago boys et nomma l'un d’entre eux à la tête de la banque centrale
(...) ». La cause
paraît entendue.
Pinochet / Milton Friedman
"La
stratégie du choc", sauf à être, au sens le plus vulgaire, d'un cynisme
accompli, est un livre dont on ne sort pas indemne.
S’y trouve
certes quelques biais et faiblesses qui ont étés d’ailleurs pointés dans la
plupart des critiques argumentées, mais dans l’ensemble il s’agit d’un ouvrage,
n’en déplaise à certains, d’une grande cohérence intellectuelle et fort bien
documenté. Les faits sont les faits et lorsque « à son retour du
Chili, en 1981, Hayek, Saint patron de l’école de Chicago, si impressionné par
Pinochet et les Chicago boys écrivit sur le champ une lettre à son amie
Margaret Thatcher alors premier ministre de Grande Bretagne pour la prier
instamment de s’inspirer de ce pays sud-américain pour transformer l’économie
de son pays » et que cette dernière répondit « en toute
franchise dans une lettre privée adressée à son gourou intellectuel :
« Vous conviendrez, j’en suis sure, que certaines des mesures prises au
Chili seraient inacceptables en Grande-Bretagne, où il existe des institutions
démocratiques qui nécessitent un degré élevé de consensus social. Notre réforme
devra respecter nos traditions et notre Constitution. Par moment les progrès
peuvent paraître cruellement lents », il n’y a rien à ajouter.
Lorsque encore
Milton Friedman, à peine trois mois après Katrina se fend d’un article dans le
Wall street journal ou il dit : « La plupart des écoles de la
Nouvelle-Orléans sont en ruine, au même titre que les maisons des élèves qui
les fréquentaient. Ces enfants sont aujourd’hui éparpillés aux quatre coins du
pays. C’est une tragédie (on est humain quand même). C’est aussi
une occasion de transformer de façon radicale le système d’éducation ».
Et Naomi Klein d’expliquer que l’idée radicale de Friedman est qu’au lieu
« d’affecter à la remise en état et au renforcement du réseau des
écoles publiques de la Nouvelle-Orléans une partie des milliards de
dollars prévus pour la reconstruction de la ville, le gouvernement devrait accorder
aux familles des bons d’étude donnant accès à des écoles privées subventionnées
par l’état ». Sinistre farce qui sera mise en œuvre et « 19 mois
après les inondations, alors que la plupart des pauvres de la ville étaient
encore en exil, presque toutes les écoles publiques de la Nouvelle-Orléans
avaient été remplacées par des écoles à charte exploitées par le secteur privé.
Avant Katrina, le conseil scolaire comptait 123 écoles ; il n’en restait
plus que 4. Il y avait alors 7 écoles à chartes ; elles étaient désormais
31 (…) et les quelques 4700 membres du syndicat des instituteurs étaient
licenciés. » D’ailleurs, du côté de l’American Enterprise Insitute,
officine inféodée aux doctrine de Friedman, on y mit moins les formes
« Katrina à accomplit en un jour (…) ce que les réformateurs du
système d’éducation ont été impuissants à faire malgré des années de travail ».
Les faits
toujours. Et c’est ainsi tout au long de l’ouvrage, jusqu’à nausée : que
ce soit sur l’Irak, la Chine, le tsunami de 2004, etc., etc. On comprend les
adeptes les plus fanatiques du néolibéralisme et de la main invisible du Marché
gênés aux entournures.
On l’aura
compris, « La stratégie du choc » est à lire absolument, ne
serait-ce pour s’en faire une idée qui ne soit point sous tutelle
d’autrui.