La dispersion est, dit-on, l'ennemi des choses bien faites. Et quoi ? Dans ce monde de la spécialisation extrême, de l'utilitaire et du mesurable à outrance y aurait-il quelque mal à se perdre dans les labyrinthes de l'esprit dilettante ?
A la vérité, rien n’est plus savoureux que de muser parmi les sables du farniente, sans autre esprit que la propension au butinage, la légèreté sans objet prédéterminé.
Broutilles essentielles. Ratages propices aux heures languides...
L’exposition récente au LAM consacrée à Anselm Kiefer et intitulée « La
photographie au commencement » m’a fait forte impression.
Des accrochages où le noir
domine – référence explicite faite parfois à la Nigredo Alchimique …
Exposition Kieffer au LAM (photo par Axel)
Ce qu’on peut lire autour de ces œuvres, est souvent pompeux et phraseux …
Circonvolutions pseudo-intellectuelles pour ne pas dire grand-chose.
Prêter des intentions là où il n’y en pas forcément. Chercher à tout décortiquer
ou justifier. Ou encore trouver du subversif dans un geste à l’ambiguïté
notoire – Y voir une manière d’habiter l’Histoire …
Passons donc allégrement sur ces « Occupations » pour leur préférer les sombreurs plus
éthérées, ainsi que les compositions cyclopéennes ! Et croiser Lilith,
Gilgamesh et Endiku …
De ce noir, plus noir que le
noir : une teinte s’accordant avec la couverture d’un petit livre de Pierre
Hadot, « Wittgenstein et les limites du langage ». Du
philosophe, haut perché dans sa cabane posée au-dessus d’un fjord norvégien, on
retiendra ici la sentence à propos :
Livie (Livia Drusilla –
née 58 Av J.C) fut la troisième épouse de l’empereur Auguste. Dans sa villa
Suburbaine, qui était alors située près du quartier de la Prima Porta, existait
une pièce semi-souterraine, de taille assez modeste, couverte de peintures
bucoliques. S’y donnait probablement des banquets.
Les murs sont des jardins. A l’arrière-plan
de hautes collines cernent le paysage. Dans la frondaison, parmi les fleurs et
les fruits, les oiseaux y sont représentés à foison. Il pourrait être tentant pour
le miroiseur de chercher à en identifier les espèces. La tâche serait sans doute vaine, sinon inutile
...
Et puis laissons le mystère infuser
– Le pur plaisir du regard.
Villa di Livia (Photo par Axel)
Villa di Livia (Photo par Axel)
« Les peintures, datées
des années 30-20 avant J.-C., présentent une grande variété de plantes et
d’oiseaux, dont pins, chênes, grenades, myrtes, lauriers roses, dattiers,
arbousiers, lauriers, buis, cyprès, lierre et de nombreuses fleurs :
coquelicots, chrysanthèmes, camomille, etc. »
Villa di Livia (Photo par Axel)
Cette salle est reconstituée
aujourd’hui à Rome, dans le musée du Palazzo Massimo. Il est bon de s’y reposer.