Blogue Axel Evigiran

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La dispersion est, dit-on, l'ennemi des choses bien faites. Et quoi ? Dans ce monde de la spécialisation extrême, de l'utilitaire et du mesurable à outrance y aurait-il quelque mal à se perdre dans les labyrinthes de l'esprit dilettante ?


A la vérité, rien n’est plus savoureux que de muser parmi les sables du farniente, sans autre esprit que la propension au butinage, la légèreté sans objet prédéterminé.

Broutilles essentielles. Ratages propices aux heures languides...


20 août 2014

Aux cinq tailles, ou miroiser près de l'eau - Du grèbe à cou noir au cygne tuberculé

Aux cinq tailles, ou miroiser près de l'eau Du grèbe à cou noir au cygne tuberculé

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Billet initial du 29 mai 2014
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Dans la langue anglaise il existe des expressions pour designer ceux qui aiment à flâner parmi les oiseaux. Les observer et les écouter… Ces dilettantes, passionnés de plumes, de vent, de forêt, de bois, de maquis, de buissons, de solitude, de baies du bout du monde, de marécages et de montagnes… 
L’activité en elle-même se déroule ainsi sous l’étiquette de ‘bird watching’ ; et l’adepte de la jumelle ou de la longue-vue se nomme le ‘ twitcher’.
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Le français continental est plus pauvre… On répond par exemple à qui nous nous questionne : je vais observer les oiseaux. Et sur sa passion on dit : je pratique l’ornithologie. A tort, puisque l’ornithologue est le scientifique étudiant les oiseaux ; leurs migrations, leurs comportements, l’évolution des espèces, etc. – Ainsi Jared Diamond.
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Nos amis québécois on le Verbe plus heureux et utilisent le vocable miroiser.  Ainsi Hubert Reeves.

« Miroise : activité de loisir ou de curiosité qui consiste à rechercher visuellement, ou auditivement les oiseaux soit sur le terrain ou dans les villes, à les identifier et à facultativement enregistrer leur présence dans une comptabilité sommaire. C'est l'équivalent en anglais de birding, ou de bird-watching. Il ne comprend pas de dimension sociale ou grégaire, la miroise se pratiquant aussi bien seul ou en groupe.
Le terme ornithologie devrait être réservé à l'activité scientifique, alors que miroise convient bien à l'activité de loisir. »
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« Le terme miroiser est construit à partir de mir- (de mirare signifiant en latin « observer attentivement »), de l'élément -ois- que l'on retrouve dans le mot oiseau et du suffixe verbal -er. Miroiser est intransitif. On dit par exemple : J'ai miroisé en fin de semaine. L'emploi de ce verbe, de même que celui des substantifs miroise, miroiseur, miroiseuse, reste cependant peu fréquent. On utilise plus souvent des expressions construites à partir du verbe observer : observer les oiseaux, faire de l'observation d'oiseaux. »


Midi
A présent le butor, oiseau solitaire,
Cache sa tête dans le murmure des fougères,
Et pas un enclos ne gâche le rivage -
Nulle plume n’ébouriffe l’air pesant,
Sauf lorsque le hoche-queue interrompt le mitan
Journal 1839



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Souvenir de Frida Kahlo à l’Orangerie : unos cuantos piquetitos !

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Lorsque le nom de Frida Kahlo percute mes rêveries, c’est une figure de douleur qui aussitôt se dessine. Frida la bancale – Pata de palo…, incarnation presque idéale du tragique. 

Frappée par la poliomyélite à l’âge de huit ans elle ne faisait qu’entrevoir que le « monde n’est pas là pour nous faire plaisir ». Car si cela ne suffisait pas à sa peine, ses 18 bougies juste soufflées, une implacable histoire d’ombrelle aller irrémédiablement tourner son destin. 
Nous sommes le 17 septembre 1925. C’est la fin de l’après-midi, le temps est pluvieux sur Mexico. Elle est avec son ami Alejandro. Ils se rendent à Coyoacan. Montent dans le bus, mais en redescendent aussitôt car Frida a oublié son ombrelle. Prennent le suivant. 
Peu après leur voiture est percutée en son milieu avec une violence inouïe par un tramway sorti de ses rails.


Ejectée sur le pavé, Frida a été transpercée par une main courante, entrée dans le dos pour ressortir par le vagin. « C’est comme cela que j’ai perdu ma virginité », dira-t-elle plus tard. 
On raconte que les badauds attroupés s’écrièrent, à la vue du corps ensanglanté de la jeune femme : « La bailarina, la bailarina ! ». Un voile d’or, en effet, la couvrait ; paillettes de étincelantes répandues sur la malheureuse par l’explosion d’un sachet de poudre d’or que transportait un artisan.  
Mais Frida ne se rend pas compte de son état : « … je n’ai pas compris la situation, je ne me suis pas rendu compte du genre de blessures que j’avais subie. La première chose à laquelle j’ai pensé, ça été à un joli bilboquet multicolore que j’avais acheté ce jour-là et que je transportais avec moi ». Elle y insiste : « Ce n’est pas vrai qu’on se rend compte du choc, ce n’est pas vrai qu’on pleure. Je n’ai pas eu de larmes. Le choc nous a projetés en avant, et une rampe du bus m’a traversée comme l’épée traverse un taureau ». 

D’une tragédie naitra une vocation. 
« Je n’avais jamais pensé à la peinture avant 1926, quand j’ai du rester alitée suite à un accident de la route » (lettre à Julien Levy en 1938).
Ou encore : « je ne suis pas morte et, de plus, j’ai une raison de vivre, c’est la peinture ».

Mais revenons un peu en arrière pour mieux cerner, s’il est possible, le tempérament de cette artiste si attachante dans sa singularité même, déambulant sur des chemins de traverse à l’écart des mouvements artistiques d’alors  - car, ne l’oublions pas : « Faire de Frida Kahlo une surréaliste relève du contresens. » (Gérard de Cortanze, Frida Kahlo, la beauté terrible - p 15).

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« J’avais à peine un an quand commença la révolution et je commençais à me rendre compte de ce qui était entrain de se passer », affirme-t-elle dans ses confidences. Il est peu probable qu’elle ait pu s’en souvenir. Mais la reconstruction du passé est l’une des choses au monde la mieux partagée. Quoi qu’il en soit, Frida déroule son monde intérieur : « Je me souviens que j’avais 4 ans lors de la décade tragique. J’ai été témoin oculaire de la lutte paysanne de Zapata contre les troupes de Carranza ». Tel est le sens donné au chaos apparent de son théâtre, la cohérence du hasard si l’on veut, et qui justifiera à ses yeux son engagement militant : « L’émotion restée intacte de la « Révolution mexicaine » est ce qui m’a poussée à 13 ans à entrer aux jeunesse communistes ».

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Son état civil est coloré, à l’image de ce destin tourmenté où « elle connaitra les bonheurs fous et les malheurs immenses » (Fabrice Gaignault). Un arbre aux racines enchevêtré, sonnant comme une symphonie : Magdalena Carmen Frida Kahlo y Calderon. 
Son père, d’origine hongroise, né en Allemagne, est devenu photographe après avoir exercé de nombreux métiers. Il aime à ses heures de loisir lire Schopenhauer. En secondes noces il a épousé Matilde Calderon y Gonzales, d’ascendance indienne. Leur fille, Frida, naîtra le 6 juillet 1907. 
De sa nourrice, « on s’aperçoit alors qu’elle allaite le bébé depuis un an qu’elle est alcoolique » (GC p 30). Pas de quoi cependant expliquer la prédilection de la peintre  pour le pulque, cette boisson traditionnelle de faible conservation, semblant plaire en particulier au femmes (cf. le Chêne siffleur).

https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEgEs6RDK0nSQ2Lhq5C0aTMD1Qdy87Y96ODjMqTFT99yWlRrOrGN-t2mPufjIAMAgE7BOCJ1ZEZ4lVqfn4Ro2hDEo91RsvccUzPpbeabIHxPfRV78Nv8a4BMei9S52Xxc4qjncc_gjlxlvxr/s1600/Kalho+Frida+-+Diego+and+i+-+1949.jpgMais un autre accident attendait la jeune femme.
« J’ai eu deux accidents graves dans ma vie. L’un, c’est quand un tramway m’a écrasée. L’autre, c’est Diego ». C’est d’une lucidité implacable.  
Et si « la légende raconte que Frida Kahlo a croisé une première fois Diego Rivera alors qu’il peignait, juché sur l’échafaudage dressé dans l’amphithéâtre Bolivar » (GC p 42), d’aucuns optant pour la métaphore évoquerons assez justement la rencontre de l’éléphant et de la colombe, ou peindront l’histoire du crapaud-grenouille, lié au dieu Tlaloc du panthéon aztèque, « celui qui fait ruisseler les choses »,  avec son « antigua ocultadora » (ancienne magicienne).
Quoi qu’il en soit, le coup de foudre est réciproque. Et lorsque le gros homme demandera au père de Frida la main de sa fille, ce dernier acceptera de bonne grâce, non sans une mise en garde étrange, affirmant que sa fille est une domonio oculto (un diable caché).

Le mariage aura lieu le 21 août 1929 et sera célébré par un vendeur de pulque à ses heures. Quant à la soirée, elle se finira dans un branle indescriptible, avec Diego sous l’emprise de la tequila, tirant au pistolet sur les convives après que son ancienne femme, Lupe Marin, eût fait irruption dans la salle, se ruant sur Frida pour soulever sa jupe criant : « Vous voyez ces deux bâtons ? Voila les jambes que Diego a maintenant à la place des miennes ! ». 
La jeune mariée finira par se réfugier chez ses parents en larmes. On aura vu mieux comme nuit de noces. 

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La fidélité en amour n’est d’ailleurs pas ce qui caractérise Diego Rivera. Frida le sait et n’en a cure, pensant peut-être pouvoir tenir l’ogre en ses jupons. Pourtant, très vite ce dernier noue une relation avec la peintre Ione Robinson, puis avec l’un de ses modèles, Dolores Olmedo. Début d’une longue série.

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A ces tendances volages, Diego ajoute une cuistrerie peu commune. Et tandis que sous l’emprise de ses appétits il a mis son lit la propre sœur de Frida, Cristina, il osera jeter au visage du « pauvre petit cerf blessé », qui a subit pourtant déjà trois avortements : «  En fait, celle que j’aimais c’était ta sœur ; tu n’a été que la paillasson de mon amour » (cité par Emmy Lou Packard). 
Frida, incapable de trouver consolation dans les bras de ses amantes de circonstances où sous les caresses de ses amants, dont le trop vieux pour elle Léon Trotski, à bout de nerfs finit par divorcer en 1939. Mais elle a Diego dans la peau, et sans lui dépérit. Ils finissent par se remarier en décembre 1940.





Diego Rivera est incontestablement un grand peintre. Mais en tant homme, tout à rebours du gentleman, il fait profession de lâcheté : « Diego fuit dès que les soucis apparaissent. Pendant que Frida souffre le martyre, Diego vit une idylle avec la belle et pulpeuse et attirante et en si bonne santé Maria Felix… » (GC P 153). 

Car la biographie de Frida «  ... représente 29 années de souffrance. A partir de 1944, elle portera 8 corsets. En 1953, sa jambe, atteinte de gangrène, est amputée. Les sécrétions de son dos blessé la font ‘puer comme un chien mort’. Elle est pendue, nue, par les pieds, la tête en bas, afin de renforcer sa colonne vertébrale » (Carlos Fuentes). 
Dans ces épreuves elle ne peut compter sur son époux. Pire, elle souffre par Diego. Et la « plaisanterie » Maria Felix frôle le drame, Frida ayant tenté de se suicider en avalant une importante quantité de barbituriques. Dans son journal, elle a écrit : « aujourd’hui, 17 juillet 1949, tête d’oiseau mort, je ne peindrai plus, je veux mourir, je veux mourir » GC P 160

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Le vécu de la peintre mexicaine et son œuvre s’intriquent avec l’intensité du désespoir. 
Des autoportraits : « Je me peins parce que je suis seule. Je suis le sujet que je connais le mieux » (journal). 
Il y aura ces fameuses quelques petites piqures, inspiré par la double trahison de sa sœur et de Diego. On encore cette gravure de 1932, Frida et l’avortement. Avec une femme ayant pour tête une colombe. Dans la marge ces quelques mots : « La colombe s’est trompée – Se trompait… ».
Etc.


Ses relations avec le Surréalisme sont épineuse. 
« Frida déteste Breton. Elle estime que celui que tous s’accordent à considérer comme le ‘pape du surréalisme’ en fait trop. Certes il porte beau, il est brillant, mais l’homme est pédant, capable de disserter des heures sur le rôle de l’inconscient dans la peinture – à commencer par celle de Frida ; il a des certitudes intellectuelles absurdes, comme celle voulant faire du Mexique un endroit surréaliste par excellence ; non, elle n’aime pas cet homme qui se dit marxiste, et qui, malgré ses beaux discours sur le peuple et l’humanité, est capable de voler un retablo accroché au mur d’un sanctuaire sous prétexte que cet ex-voto est un trésor surréaliste ! » (GC p 107)
Ce dernier, avec son sens de la formule à entrées multiples, disant tout et rien à la fois, claironnera : « L’art de Frida Kahlo de Rivera est comme un ruban autour d’une bombe ». Mais pour Frida, pour reprendre l’image du biographe Gérard de Cortanze, « Breton au Mexique, c’est tintin chez les Picaros… » (GC P 109).
Plus tard, lors de son voyage à paris elle écrira en grande furie qu’à ses yeux Marcel Duchamp est « le seul à avoir les pieds sur terre, dans cette bande de cinglés de dingos de fils de putes surréalistes ». 

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Sur la peinture de Frida, le plus clairvoyant c’est Diego : 
« C’est une œuvre amère et tendre, dure comme l’acier et fragile et fine comme les ailes d’un papillon, aimable comme un joli sourire et atroce comme l’amertume de la vie » (Diego Rivera dans une lettre au critique d’art américain Sam A.Lewsohn. 
Rivera dit ainsi en peu de mot ce que Breton aura mis plusieurs page à ne pas saisir (GC p 111)
Le crapeau-mufle, pas si dénué de sensibilité, écrira encore : « Jamais auparavant, une femme n’avait crée de poésie aussi déchirante sur la toile ».

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Une dernière anecdote, lors du premier voyage de Frida Kahlo aux Etats-Unis, pays emblématique du capitalisme triomphant et qu’elle nomme Gringolandia. 
Cela se passe à Détroit, où elle est arrivée en avril 1932. Elle se demande : « comment peut-on être reçu, en pleine crise économique, par des nantis, dans des fêtes somptueuses ? » (GC p 79). En effet, nous sommes fort loin des Raisins de la colère. « Comment peut-on admirer, ajoute-t-elle, ce M.Henry Ford qui accuse les juifs d’être les ‘sangsues de l’Amérique’ » (GC p 79).
Voilà Frida ! 

Mais ce modeste billet n’a pas pour motivation une biographie de la colombe mexicaine qui, « Dans la dernière partie de sa vie, a cherché dans le Livre des morts des anciens égyptiens une explication à sa ‘malchance innée’ » (GC p 30), et se demande : 
« Que deviendrai-je sans l’absurde et le fugace » (journal)

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      Pour ce texte je me suis adossé pour l'essentiel à l'excellente biographie de Gérard de Cortanze, "Frida Kahlo, la beauté terrible)




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Ma première rencontre avec le nom de Frida Kahlo, remonte à 2012, tandis que je contemplais les immenses fresques de Diego rivera au Palacio Nacional. A l’époque je ne savais rien du couple mythique, rien de leurs peintures ni de leurs amours tumultueux – ce qui en dit long sur ma vaste culture.

Des compositions monumentales jetées sur les murs cernant l’escalier d’apparat, j’ose affirmer que je les avait trouvées sinon laides, du moins kitch, ne comprenant pas la dévotion mexicaine pour le gros bonhomme – évidemment j’ai révisé mon jugement, tant il est vrai que la forgerie du goût passe des méandres de l’accoutumance épicée par la notoriété du commis, ingrédients auxquels s’ajoute une part d’intellect teinté par cohorte d’émotions. 
A l’étage du palais, les compositions plus modestes par leurs tailles et teintés d’un zeste d’exotisme, me convirent mieux – d’où quelques clichés avantageux. 
Mais de Frida, rendue alors célèbre aux touristes français grâce à une adaptation cinématographique réussie (ce que je ne savais pas alors), il n’y avait rien à contempler (ce n’était pas dans notre programme). 

Il m’aura fallut attendre cet accrochage à l’Orangerie, décembre dernier, pour me frotter enfin aux toiles de celle dont je ne saurai dire si ce qui me séduit le plus sont les œuvres ou le destin.




Reprise de mes carnets

Les énormes bandes de nymphéas de Monnet plutôt décevantes et je n’ai pas particulièrement aimé les Renoir, trouvés d’un mièvre confondant. Par contre Soutine et ses vues hallucinées m’ont séduits - ce que je ne n’aurai pas cru de prime abord.
Sur l’accrochage temporaire, les toiles exposés de Rivera montrent fort bien comment il est passé par une foultitude de styles avant de se forger son propre pinceau : du cubisme, des arbres dans le genre Cézanne, aux compositions selon sa propre griffe. 

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Chez Kalho, ce qui m’a surpris - et décontenancé - c’est le format minuscule des œuvres. C’est une réaction très bête mais instinctive. Mais voir Une petite piqure ou La colonne brisée à leur vrai format fait un choc. Pourtant il suffisait de lire les dimensions annoncés dans les livres d’art, comprendre aussi qu’elle a peint le plus souvent allongée dans son lit de douleur. Comment aurait-il pu en être autrement ?  Et pourquoi un tel embarras de l’entendement ? Que vient faire la taille d’une œuvre dans la perception ou la réception d’un tableau ? C’est qu’implicitement il s’agit d’un format domestique ; une dimension de peintres du dimanche. Nonobstant cette gène, l’émotion s’empare du cœur et réduit à néant la réserve – une contemplation remuant de l’intérieur jusqu’à l’effacement de tout esprit de système, de toute volonté à vouloir raisonner sur l’impression faite par ces œuvres tant attendues. 
Elles étaient là et c’était tout ! 
Mais il y avait aussi les photographies, et surtout le petit film ou Frida Kalho ressuscite sous nos yeux….


Des toiles que je connaissais celles qui m’ont le plus touché : Autoportrait à la robe de velours (1926), Portrait de Luther Burbank (1931), Ma naissance (1932). 

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Parmi les découvertes : Jeune fille « tehuacana » ou soleil et lune (1942), Le poussin (1945). 

 



Kalho, la frêle, aura été en fin de compte le délicat et torturé miroir au gigantisme mastoc des fresque de l’énorme Rivera (passant, les reproductions présentées à l’Orangerie ne rendent pas justice aux originaux de Mexico).

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Voyage en terres étrangères : Les sept fonctions de la religion, par Jared Diamond (« Le monde jusqu’à hier »)

Voyage en terres étrangères 

Les sept fonctions de la religion, par Jared Diamond
(« Le monde jusqu’à hier »)

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Billet initial du 5 juillet 2014
(Billet initial supprimé de la plateforme Overblog, infestée désormais de publicité)

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Tiré du chapitre 9 du "Monde jusqu'à hier" :
« Ce que les anguilles électriques nous apprennent sur l’évolution de la religion »




Tentative d’une définition

Tenter une définition de la religion n’est aisé ; il en existe presque autant que de spécialistes. Dans cette jungle inextricable, Jared Diamond en recense 16 dans un tableau ; parmi ces dernières celle de Durkheim ou de Marx pour qui « la religion est le soupir de la créature opprimée, l’âme d’un monde sans cœur, comme elle est l’esprit des conditions sociales d’où l’esprit est exclu. Elle est l’opium du peuple ». 

Longtemps, explique Diamond, il proposait lui-même à ses étudiants la définition suivante : « La religion est la croyance en un agent surnaturel posé en postulat et dont nos sens ne peuvent donner de preuve de l’existence, mais qui est invoqué pour expliquer les choses dont nos sens nous donnent bien la preuve ». 
Mais il se rendit compte plus tard de la faiblesse de celle-ci car elle « omettait un deuxième attribut des religions : ce sont aussi des mouvements sociaux agrégeant des êtres qui s’identifient comme partageant des croyances auxquelles ils adhèrent profondément ». 
Ce n’est pas tout. « Un troisième attribut de toutes les religions est que leurs adeptes font de coûteux et douloureux sacrifices pour manifester de façon convaincante aux autres personnes leur adhésion au groupe ».
En outre, ces croyances impliquent des règles de conduite (lois, codes moraux, obligations, tabous, etc.). 
Et pour finir, dans la plupart des religions se manifeste la récompense pour les vertueux (éternité bienheureuse, etc.) et des châtiments pour les mauvais ou ceux qui ne respectent pas les règles (malédictions, enfer, etc.)  

En résumé, explique l’auteur, « la religion suppose une constellation de cinq ensembles d’attributs qui varient en puissance selon les religions du monde (religions traditionnelles y compris). Cette constellation peut nous servir à comprendre les différences entre la religion et plusieurs systèmes apparentés qui partagent de ses attribut, mais pas tous. La patriotisme et la fierté ethnique », par exemple, s’ils sont des mouvements sociaux distinguant « leurs adeptes des gens extérieurs, exigent des sacrifices, (ils) n’enseignent pas la croyance en des agents surnaturels ». 



La recherche des explications causales

Dans ce paragraphe, Jared Diamond analyse les processus probables ayant conduits à la religion.
Ce qui le conduit à écrire, après quelques développements, que « ce que nous qualifions à présent de religion est apparu en dérivation de la complexité croissante du cerveau humain dans sa démarche d’identification des explications causales et d’élaboration de prédictions. Pendant longtemps il n’y aurait pas eu de distinction reconnue entre le naturel et le surnaturel, ou entre le religieux et le reste de la vie. » Et l’auteur d’émettre une hypothèse sur le fait de savoir quand la ‘religion’ aurait émergée au cours de l’évolution humaine : « très progressivement, à mesure que notre cerveau se complexifiait », notant au passage que nos ancêtres néandertaliens, il plus de 40.000 ans, ensevelissaient leurs morts après les avoir ornés de pigments ocres. « Il semble raisonnable, conclut-il, de supposer que nos ancêtres ont eu des croyances religieuses pendant les 60.000 ans et plus des Homo sapiens au comportement moderne, et peut-être pendant plus longtemps encore ».  

Croyances surnaturelles
 
Dans un tableau JD expose quelques exemples de croyances surnaturelles propres à des religions particulières. Il est intéressant de noter à quel point les croyances issues d’autres cultures, et en particulier celle tirées de sociétés traditionnelles, nous apparaissent puériles, tandis que celles des sociétés dans lesquelles nous baignons constituent une sorte de point aveugle de la raison.
En la matière, pour ramener les choses à leur incongruité, tout semble question de formulation :
« Une femme qui n’avait pas été fécondée par un homme tomba enceinte et donna naissance à un enfant mâle dont le corps après la mort fut transporté à un endroit appelé paradis souvent représenté comme étant au ciel ».

Parmi les croyances surnaturelles, certaines impliquent des oiseaux, ce que je ne pouvais ne pas relever. Ainsi cette dernière :
« Certains groupes Néo-Guinéens des basses terres croient que le beau chant fluté d’un petit oiseau, connu sous le nom se séricorne fauve, annonce que quelqu’un vient tout juste de mourir, mais », ajoute Diamond, le problème est que « cet oiseau compte au nombre des espèces les plus communes et des plus fréquents chanteurs des forêts de la région ». Et l’auteur de conclure : « mes amis néoguinéens sont aussi convaincus des mauvais présages de ce volatile que les Européens sont effrayés par les chats noirs ». 

D’un point de vue général, souligne encore l’auteur avec perspicacité, « le facteur psychologique qui sous-tend de telles croyances est que nous nous souvenons des coups tirés au but et oublions les échecs, de sorte que la plus légère preuve suggérée par le souvenir de réussites vient confirmer les moindres superstitions que nous entretenons ». En effet, qui n’a jamais été troublé par un augure paraissant confirmée par les faits, tout s’empressant dans le même temps d’oublier la pronostics a posteriori erronés ou farfelus ?  

Pour conclure ce paragraphe JD souligne que si elles sont irrationnelles, « les croyances religieuses surnaturelles (sont) plausibles et satisfaisante d’un point de vue émotionnelles », ce pourquoi elles demeurent « digne de foi en dépit même de leur caractère invraisemblable ».
Ne l’oublions pas, et cela a été dit tout a long de l’histoire, les dieux et déesses, s’ils se comportent comme des êtres humains (ils peuvent être jaloux, rancuniers, etc.), « leurs pouvoirs qui surpassent ceux des humains sont des projections des fantasmes de puissance propres à ces derniers ». 



Les sept fonctions explicative de la religion

1) L’explication

En premier lieu Diamond identifie une fonction originelle du fait religieux, fonction qui dans nos sociétés occidentales modernes a reculée face à la poussée de la science : l’explication (enfin pas tout à fait partout si l’on en croit par exemple la prégnance du Dessein intelligent aux Etats-Unis). 
Ainsi, « les peuples traditionnels préscientifiques bricolent des explications pour tout ce qu’ils découvrent, sans avoir assurément la capacité prophétique de faire la distinction entre les explications que les savants considèrent aujourd’hui naturelles et scientifiques et celles que ces derniers jugent surnaturelles et religieuses. Pour ces peuples, ce sont toutes des explications et ils ne discriminent pas celles qui sont ensuite perçues comme religieuses des autres... ».

« Aujourd’hui, pour de nombreux chercheurs, le dernier bastion de l’explication religieuse est celui de Dieu comme Cause première » (par exemple Trinh Xuan Thuan et son principe anthropique fort). Ceci dit, à ceux qui à la question « Pourquoi quelque chose plutôt que rien ? » répondent : Dieu, on pourrait leur objecter avec Diamond, que « ‘Dieu’ ne consiste qu’à mettre un nom sur son absence de réponse », ou avec André Comte-Sponville qu’il « s’agit de constater que les explications (d’ordre surnaturelle) que les religions prétendent apporter ont en commun… de n’expliquer rien, sinon par de l’inexplicable ! »


2) Apaiser l’anxiété

« La deuxième fonction de la religion - un adjuvant pour apaiser l’anxiété de l’espèce humaine face à des problèmes et des dangers qui échappent à son contrôle - fut probablement très forte dans les toutes premières sociétés ». D’où le recours aux prières, aux oracles, et aux shamans, par exemple. 
« Si cette fonction de la religion aurait diminué, explique l’auteur, alors que les sociétés renforçaient leur contrôle sur le cours de l’existence humaine, que les gouvernements étatiques gagnaient en puissance », force est de constater qu’aujourd’hui cet aspect du phénomène religieux et le recours que ce soient aux rebouteux des campagnes, aux liseurs de bonne aventure des villes et autres Irma New-age,  a encore de beaux jours devant lui. 


3) Apporter un réconfort

Autre fonction de la religion : « apporter un réconfort en niant la réalité de la mort ». Mais pas seulement, car la religion offre diverses formes de réconfort, comme « expliquer une souffrance en déclarant qu’elle n’est pas un événement dépourvu de signification ni dû au hasard, mais qu’elle un sens plus profond... »
Il y a d’ailleurs une certaine forme de continuité sur ce point entres les croyances des sociétés traditionnelles et les monothéismes des sociétés modernes : « Les chasseurs-cueilleurs croient souvent en une survie après la mort sous la forme d’esprits. Mais cette fonction s’est largement répandue avec l’essor des religions qui méprisent le monde terrestre et affirment qu’il y a une vie après la mort, plus importante et durable que la vie terrestre dont le seul but est justement de préparer le salut dans l’au-delà. »
Et Diamond de préciser : « Si le rejet du monde est puissant dans le christianisme, l’islam et quelques courants du bouddhisme, il caractérise également certaines philosophies séculières (c’est-à-dire non religieuses), comme le platonisme ».

Un autre aspect intéressant de la réflexion de l’auteur sur ce sujet, est le motif pour lequel les sociétés complexes mettent davantage l’accent sur l’au-delà et le réconfort que les sociétés de chasseurs-cueilleurs ; un constat pouvant apparaitre contre-intuitif, mais attesté par les preuves archéologiques tant qu’ethnographiques - coïncidant avec néolithisation : « avec la transition à l’agriculture, le nombre moyen d’heures de travail quotidien augmenta, la nutrition se dégrada, les maladies infectieuses et l’usure physique s’accrurent et l’espérance de vie se réduisit. Ces conditions de vie s’aggravèrent encore pour les prolétariats urbains pendant la Révolution industrielle ». 
Et Diamond de conclure : « l’infortune tend à rendre les gens plus croyants » De fait, « les couches sociales, les régions et les pays pauvres tendent à être plus religieux que les riches : ils davantage besoin de soutien moral ».
Cependant, « que la religion ne montre néanmoins aucun signe d’extinction peut tenir à notre persistante quête de ‘sens’ ».



4 et 5) Organisation et obéissance

Ces aspects du phénomène religieux coïncide avec la complexification et l’agrandissement des société humaines :
« Les sociétés très peuplées ont de fortes chances de vaincre les petites sociétés ; elles exigent des bureaucrates à temps complet parce que 20 personnes peuvent s’assoir autour d’un feu de camp et parvenir à un consensus alors que 20.000 ne le peuvent pas ; et il faut nourrir de tels dirigeants et bureaucrates. Mais comment un chef ou un monarque parvient-il à obtenir que ls paysans tolèrent ce qui est fondamentalement un vol de leur nourriture par des classes de parasites sociaux ? ».
C’est toute le sujet de la collusion entre pouvoir et religion, un phénomène fort bien identifié en son temps par le bon curé Meslier :
 « Ainsi, quoiqu’il semble que la religion et la politique dussent être si contraires et si opposées l’une à l’autre dans leurs principes et dans leurs maximes, elles ne laissent pas néanmoins que de s’accorder assez bien ensemble lorsqu’elles ont une fois fait alliance et qu’elles ont contracté amitié ensemble, car on peut dire qu’elles s’entendent pour lors comme deux coupeurs de bourse : la religion soutient le gouvernement politique, si méchant qu’il puisse être ; et à son tour, le gouvernement politique soutient la religion, si vaine et si fausse qu’elle puisse être » (Mémoire contre la religion).
Et au pourfendeur d’illusions de préciser sa pensée, avec une verve ne cédant rien à la lucidité : 
« ... tout ce que vos prêtres et vos docteurs vous prêchent avec tant d’éloquence touchant la grandeur, l’excellence et la sainteté des mystères qu’ils vous font adorer, tout ce qu’ils vous racontent avec tant de gravité de la certitude de leurs prétendus miracles, et tout ce qu’ils vous débitent avec tant de zèle et tant d’assurance touchant la grandeur des récompenses du ciel et touchant les effroyables châtiments de l’Enfer - ne sont, dans le fond, que des illusions, des erreurs, des mensonges, des fictions et des impostures inventées premièrement à des fins et rusés politiques, continuées par des séducteurs et des imposteurs, ensuite reçues et crues aveuglément des peuples ignorants et grossiers, puis enfin maintenues par l’autorité des grands et des souverains de la Terre (...) afin de tenir par là le commun des hommes en bride et faire d’eux tout ce qu’ils voudraient ».

Mais revenons à Diamond et à ce constat : 
« Au cours des siècles récents du monde judéo-chrétien, cette tendance s’est bien sûr inversée et la religion est bien moins qu’auparavant la servante de l’Etat. » Cependant, ajoute l’auteur, « la fusion de la religion et de l’Etat persiste dans certains pays musulmans, en Israël et (il y a peu de temps encore) au Japon et en Italie. Même le gouvernement des Etats-Unis invoque Dieu sur sa monnaie... ». Ajoutons qu’en France, la laïcité n’empêche nullement l’imprégnation persistante des valeurs judéo-chrétiennes à tous les niveaux de la société. Pour s’en persuader il n’est qu’à regarder la composition des divers conseils d’éthiques auxquels nos politiques puisent leur inspiration, truffés de prélats et de leurs séides.  

6) Codes de conduite à l’égard des inconnus.

En bref, sur cet aspect notons que « les raisons pour lesquelles les athées, ainsi que de nombreux croyants, ne tuent plus leurs ennemis découlent des valeurs instillées par la société et de la crainte de la main puissante de la loi plutôt que de la colère de Dieu. Mais, à partir de l’essor des chefferies jusqu’à celui récent des Etats séculiers, la religion à justifié les codes de comportements ».
Diamond ajoute prudent : « selon le point de vue de chacun ces rôles ont été jugés positifs (promotion de l’harmonie sociale) ou négatifs (exploitation des masses par des élites oppressives). »
Notons que l’harmonie sociale d’une société donnée peut fort bien s’accommoder du ravage des contrées éprises d’autres fétiches, voire encourager le massacre et l’éradication totale de populations impies. (cf. les Albigeois ; voire également les croisades, où L’Eglise, cherchant à détourner la violence des chevaliers en mal de rapine sur le sol d’Occident et limiter les guerres privées, va en quelque sorte exporter le mal en Terre-Sainte, donnant aux belliqueux gens d’armes de ‘nobles’ motifs. C’est la création de la « Militia Christi », ordre qui rapidement « devient  une confrérie de chevaliers prêts au combat contre les adversaires de la chrétienté ; elle devient l’instrument de la guerre sainte. Le meurtre est justifié, voire sacralisé ! » (Les templiers, Alain Demurger)  - On pourra lire aussi sur ce sujet l’essai d’Ami Maalouf, Les croisades vues par les arabes. )



7) Justifier la guerre

« Les dix commandements ne s’appliquent qu’à votre propre comportement à l’égard de concitoyens dans une chefferie ou un Etat ».    
En découle, selon une logique bien connue : « Tu ne tueras point (les croyants en ton propre dieu) et Tu dois tuer (les croyants en un autre dieu) ». L’essentiel est dit.

Et juste s’il fallait y insister :
« L’Ancien Testament est émaillé d’exhortations à se montrer cruel à l’encontre des païens. Le Deutéronome 20 : 10-18, par exemple, explique l’obligation pour les Hébreux de pratiquer le génocide : quand votre armée s’approche d’un cité lointaine, vous devez asservir tous les habitants s’ils se rendent, mais s’ils résistent, tuer tous les hommes, asservir les femmes et les enfants, voler leur bétail et tout ce qui se trouve dans la ville. Mais, si c’est une cité des Cananéens, des Hittites, ou de tout autre de ces peuples adorateurs des faux dieux, alors le vrai Dieu commande que soit massacré tout ce qui respire dans la cité. »

Pour conclure

De ces sept fonctions qui caractérisent la religion, « deux fonctions existaient déjà et étaient à leur apogée à l’époque de l’émergence des humains intelligents, 50.000 ans avant notre ère, et ont connus un déclin régulier dans les récents millénaires : l’explication surnaturelle (en déclin rapide) et l’apaisement ritualisé de l’anxiété face aux dangers incontrôlables (en léger déclin). Les cinq autres fonctions étaient absentes (pour quatre d’entre elles) ou faible (la cinquième) chez es premiers humains intelligents ; elles atteignirent un pic dans les chefferies et les Etats émergents (pour trois d’entre elles), et ont connu un déclin plus ou moins net depuis lors ».

Serait-ce pour autant le crépuscule des religions ? Le monde tel qu’il va semble y apporter démenti. Selon Diamond l’avenir du fait religieux dépendra de ce que sera le monde des les années à venir : « Si les niveaux de vie s’élèvent dans le monde, alors les fonctions 1 et 4-7 continueront à décliner, mais il est probable que les fonctions 2 et 3 perdureront ». Mais si, est c’est le constat du réel aujourd’hui, « le monde reste embourbé dans la pauvreté ou si (pis encore) l’économie mondiale, les niveaux de vie et la paix se dégradent, alors il se peut que toutes les fonctions de la religion, peut-être même l’explication surnaturelle, connaissent une résurgence ». 

Quant au dernier mot de Jared Diamond sur ce chapitre : « il faut attendre et voir ». Je ne suis pas enclin à telle retenue  - et partagerai plutôt le constat de Mike Davis dans Le pire des mondes possibles, sous-titré, de l’explosion urbaine au bidonville global.


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