Blogue Axel Evigiran

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La dispersion est, dit-on, l'ennemi des choses bien faites. Et quoi ? Dans ce monde de la spécialisation extrême, de l'utilitaire et du mesurable à outrance y aurait-il quelque mal à se perdre dans les labyrinthes de l'esprit dilettante ?


A la vérité, rien n’est plus savoureux que de muser parmi les sables du farniente, sans autre esprit que la propension au butinage, la légèreté sans objet prédéterminé.

Broutilles essentielles. Ratages propices aux heures languides...


3 avr. 2015

Alain Supiot - L'esprit de Philadelphie, la justice sociale face au marché total

Billet initial du 03 avril 2010
(Billet initial supprimé de la plateforme overblog, infestée désormais de publicité)
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L'esprit de Philadephie

 La Justice sociale face au marché total


Alain Supiot

Seuil, 2010
Notes de lecture
De petites fiches de lectures sans prétention ; mais utiles pour se remémorer les grandes lignes d’un ouvrage. Recopie de passages et synthèse tout à fait subjective.  

Livre indispensable ; d'une lecture salutaire ! Concis et dense, allant à l'essentiel.

  

Introduction
Période d'atrocité de 1914 à 1945: variation sur un même thème qui consiste à considérer les hommes « scientifiquement », comme du « matériel humain » (dans la terminologie nazie) ou du « capital humain » (dans la terminologie communiste). […] Cette manière de regarder les hommes comme des insectes s'était déjà manifestée... Jusqu'au XXe siècle, ce sont les « primitifs » qui furent ainsi traités comme des choses à exploiter ou à exterminer selon leur degré d'utilité ou de nuisance. L'exploitation des classes laborieuses européennes se déployait en revanche sous l'égide des principes d'égalité et de liberté contractuelles qui étaient censés permettre son parfait accomplissement. Elles n'en furent pas moins les premières à expérimenter dans leur chair l'asservissement au machinisme. […] La gestion industrielle s'est affirmée comme principe général de gouvernement en temps de paix comme en temps de guerre. Cette synthèse s'est opérée sous l'égide du scientisme.
Le XXe siècle a vu prospérer deux variantes du scientisme : l'une se réclamant des lois de la biologie et de l'anthropologie, et l'autre des lois de l'économie et de l'histoire (1) […] Selon qu'elle s'est réclamée de la biologie ou du « socialisme scientifique », la normativité scientiste a pris la forme de l'eugénisme et des lois raciales, ou bien de la dictature du prolétariat et de la « légitimité socialiste ». […] dans une perspective scientiste, l'homme est un être déterminé par son identité biologique ou socio-économique.
Le slogan sous l'égide duquel s'était ouverte l'exposition universelle de Chicago en 1933 « La science trouve, l'industrie applique, l'homme s'adapte », cette idéologie de la gestion scientifique de l'humain n'a pas été l'apanage des pays totalitaires. La classification de l'humanité en « races » hiérarchisées est né à l'ombre des Lumières. […] On on considère les société humaines comme des choses, comme de vastes organismes il n'y a pas de délinquant, tout au plus des parties malades ou parasitaires, qu'il convient de soigner ou d'éradiquer.
La déclaration de Philadelphie (mai 1944) : Refonder un ordre international civilisé ; soumettre tous les états au respect des droits et libertés universellement reconnus […] A la compétition entre les États, il s'agissait de substituer une collaboration visant la réalisation d'un intérêt général transcendant les intérêts particuliers. […] Remettre la force au service du droit (régime de Droit). […] Subordonner l'organisation économique au principe de justice social. Dans la déclaration de Philadelphie, l'économie et la finance sont des moyens au service des hommes.

Le grand retournement

Les noces du communisme et du capitalisme

La contre-révolution ultralibérale

L'ultralibéralisme s'est déployé à la fois dans le domaine économique et dans celui de la politique internationale. Au plan économique il vise au démantèlement du Welfare state et à la restauration de « l'ordre spontané du Marché ». Au plan international, il se traduit par le néo-conservatisme, c'est-à-dire un messianisme visant à étendre au besoin par les armes, cet ordre au monde entier.
Denis Kessler appelait à « défaire méthodiquement le programme du conseil de la résistance » (2). L'un des pères du fondamentalisme économique contemporain, Hayek lui reprochait surtout d'avoir établi une « démocratie illimitée » qui étendait son emprise sur les questions économiques.
Cette volonté de dépolitisation a conduit à l'abandon, par une majorité d'économistes, de la tradition savante de « l'économie politique », au profit d'une « science économique » singeant les sciences exactes et parvenant même à placer sous l'égide d'Alfred Nobel les prix d'excellence qu'elle s'attribue à elle-même (3). Cette quête de légitimité scientifique est essentielle : les normes scientifiques et religieuses sont les seules à échapper au débat politique. A son insu, la révolution ultralibérale a renoué avec les grandes idéologies scientistes. […] La doctrine ultralibérale postule que l'insécurité économique des travailleurs et leur exposition au risque sont les moteurs de leur productivité et de leur créativité.
Là où l'esprit de Philadelphie en appelait à la coopération entre les États, les néo-conservateurs on opté au contraire pour une politique de confrontation avec les pays qui ne partagent pas leur manière de voir le monde et de mise en concurrence à l'échelle internationale.

L'économie communiste de marché

Avec l'effondrement de l'Empire soviétique, les classes dirigeantes des nouveaux pays membre de l'Europe se sont ralliés sans peine au credo ultralibéral. […] Ils ont pu sans difficulté substituer la dictature des marchés à celle du prolétariat.
L'Europe participe désormais à l'émergence à l'échelle mondiale de ce que la Constitution de la Chine appelle « l'économie communiste de marché ». Édifié sur la base de ce que le capitalisme et le communisme avaient en commun (l 'économisme et l'universalisme abstrait), ce système hybride emprunte à L'ultralibéralisme la mise en concurrence de tous contre tous, la libre circulation des capitaux et des marchandises et la maximisation des utilités individuelles, et au communisme la « démocratie limitée », l'instrumentalisation du Droit, l'obsession de la quantification et la déconnexion totale du sort des dirigeants et des dirigés.

La privatisation de l'État providence

L'idée de justice sociale est aussi ancienne que la philosophie du Droit. Aristote voyait dans la « réciprocité proportionnelle » une troisième forme de justice nécessaire à la vie de la Cité, à coté de la justice distributive et de la justice corrective.
« L'argent, comme le fumier, ne fructifie que si on prend soin de le répandre » (4)
La « pulvérisation du Droit en droits subjectifs » laisse le champ libre à l'ajustement manuel d'individus armés des même droits. Réduit à l'état de monade contractante et calculante. […] Alors que tout le Droit social s'était construit sur la mise en doute méthodique du consentement du faible à la volonté du fort, […] cette déconstruction fait perdre au Droit social sa capacité de rendre les citoyens solidaires.
Les prélèvements obligatoires sont passionnément dénoncés lorsqu'il s'agit de financer la sécurité sociale ou services publics, mais deviennent un impératif de mondial lorsqu'il s'agit de rémunérer les droits de la propriété intellectuelle. La règle du repos dominical est démantelée réforme après réforme, et, avec elle, le cadre normatif propre à assurer une vie sociale et familiale normale, mais sont instaurés des contrats de responsabilité parentale, censés pallier les carences des parents privés de temps partagé avec leurs enfants.
La destruction de l'état providence ne conduit donc pas à faire disparaître les droits sociaux mais à en concentrer le bénéfice sur ceux qui en ont le moins besoin (5). Les spécialistes parlent d'effet Mathieu : « A celui qui a, il sera beaucoup donné et il vivra dans l'abondance, mais à celui qui n'a rien, il sera tout pris, même ce qu'il possédait » (6).
Dès lors que les dirigeants ne sont plus l'image de la vertu, mais au contraire celle du cynisme et de la cupidité, ceux qui cumulent tous les avantages prêchent en vain l'ascèse à ceux qui subissent les rigueurs du temps. L'égoïsme des dirigeants devient contagieux. Chacun s'applique à « maximiser ses utilités individuelles », à s'agripper à ses avantages […] Ainsi les services publics se trouvent aujourd'hui doublement menacés de calcification et de désagrégation. De calcification par les partisans du statu quo, plus soucieux de la défense de leur rente de situation que du service public. Et de désagrégation par les apôtres (souvent intéressés) de sa privatisation ou de son alignement sur le modèle des entreprises du secteur marchand.

Le Marché total

Pour faire du marché un principe général de régulation de la vie économique, il faut faire comme si la terre, le travail et la monnaie étaient des marchandises, alors que ce n'est bien sûr pas le cas.
On peut continuer un certain temps à faire comme si le travail, la terre ou la monnaie existaient indépendamment des travailleurs, des milieux naturels ou de l'économie réelle, mais ces fictions finissent nécessairement par s'écrouler, rattrapées par le principe de réalité. Contrairement à la foi naïve des adorateurs du Marché, le démantèlement des Droits nationaux ne permet nullement l'avènement de « l'ordre spontané du Marché », mais conduit bien au contraire à saper les bases institutionnelles des marchés. Il n'existe pas effet une Économie de Marché, mais une diversité de dispositifs juridiques instituant différents types de marchés : différents selon la nature des produits et services échangés, mais aussi selon les histoires et les cultures juridiques.

Le darwinisme normatif

Sur ce marché total, le Droit est considéré comme un produit en compétition à l'échelle du monde, où s'opérerait la sélection naturelle des ordres juridiques les mieux adaptés à l'exigence de rendement financier. Au lieu que la libre concurrence soit fondée sur le Droit, c'est le Droit qui devrait être fondée sur la libre concurrence.
Pour aider les « consommateurs de droit » à faire leur choix sur ce « marché de normes », la Banque mondiale publie chaque année depuis 2004 dans le cadre de son programme 'Doing business', un rapport évaluant les droits nationaux à l'aune de l'efficacité économique.

Les mirages de la quantification

La croyance en un monde régi par le calcul d'utilité a succédé aux scientismes d'avant-guerre. Se poursuit ainsi, sous une forme nouvelle, le rêve ancien de pouvoir les hommes comme on gère des choses.

La gouvernance par les nombres

« L'élimination des discriminations dans les relations commerciales internationales » à laquelle œuvre l'OMC exige de réduire les diversités des systèmes juridiques nationaux, qui sont invités à se purger de toutes les règles susceptibles d'entraver la libre circulation des capitaux et des marchandises.
Ce nivellement des différences s'étend à la Terre elle-même, qui est assimilée à une marchandise et doit être ouverte aux investissements et à la spéculation immobilière.

Les pièges de l'autoréférence

Confondre la mesure et l'évaluation condamne à perdre le sens de la mesure. Car évaluer ce n'est pas seulement mesurer, mais référer la mesure à un jugement de valeur qui confère un sens. Et la définition de ce sens a inévitablement une dimension dogmatique.
Issue de la Cybernétique, le concept de gouvernance porte à considérer le chiffre non comme un cadre, mais comme un but de l'action. Ainsi conçus, les indicateurs de politique publique procèdent de la même démarche dogmatique que celle des indicateurs de la planification soviétique et sont gros des même effets : orienter l'action vers la satisfaction des objectifs quantitatifs (7) plutôt que vers des résultats concrets, et masquer la situation réelle de l'économie et de la société à une classe dirigeante déconnectée de la vie de ceux qu'elle dirige. (Autisme de la quantification).

" L'idée d'un monde sans limites n'est pas tenable..."


L'actualité de la justice sociale

Le droit de propriété n'est pas un rapport binaire entre un homme et un chose car son exercice suppose lui aussi l'existence d'un Tiers qui garantisse que la propriété de chacun soit respectée par tous. […] Autrement dit, les marchés reposent sur des bases institutionnelles que 30 années L'ultralibéralisme et d'économie communiste de marché se sont employées à saper méthodiquement en dérèglementant les marchés financiers et en mettant en concurrence les législations sociales et environnementales.
Les dogmatiques scientistes ne se reconnaissent pas comme telles et sont parfaitement imperméables à toute espèce de critique extérieure. Les élites politiques ou économiques qui l'incarnent sont incapables de comprendre pourquoi le monde se dérobe sous leurs pieds. […] Leur croyance la plus fondamentale est que le Marché constitue l'instance régulatrice suprême des affaires du monde. Il n'est donc pas surprenant que les plans de relance qu'ils ont conçus pour faire face à l'implosion des marchés consistent à déverser sur ces derniers un déluge d'argent public sans s'interroger sur les motifs structurels de leur implosion. Nous avons à faire à des pompiers pyromanes arrosant de l'essence un moteur auquel ils ont mis le feu dans l'espoir de le voir redémarrer.
Le problème n'est pas de « réguler » les marchés comme on régule son chauffage central. Le problème est de les réglementer, ce qui oblige à revenir sur le terrain politique et juridique.

L'art des limites

Le Droit s'est construit sur l'idée de lois proprement humaines, dont la validité est nécessairement relative. L'idéal démocratique est que chaque peuple décide de celles qui lui paraissent le mieux correspondre au milieu qui est le sien. Cette inscription territoriale des lois est liée depuis 2 siècles à l'organisation du monde en un pavage d'États souverains.

La personnalisation des lois

L'effacement des frontières susceptibles d'entraver la libre circulation des capitaux et des marchandises favorise la prolifération des paradis fiscaux. Il permet aux plus riches de se servir de la technique de la personnalité morale, comme des gangsters se servent de cagoules pour ne pas être reconnus et ne pas avoir à répondre de leurs actes. […] Pour la droite ultra libérale, c'est dans le domaine économique que toute différence autre que monétaire doit être abolie. Pour la gauche « sociétale », c'est en matière de Droit des personnes que toute différence doit être abolie, à commencer par la différence des sexes et des générations, d'où le démantèlement des statuts civils et familiaux. Dans les deux cas, l'insécurité, la flexibilité et l'incertitude deviennent des principes de vie. […] En réaction à ce délitement des bases de l'identité civile et professionnelle des personnes, resurgissent les formes les plus diverses et les plus extrêmes de nationalismes et de communautarisme. Cette montée des revendications identitaires éclipse les causes socio-économiques de l'injustice sociale.

La renaissance féodale

A grands traits on peut distinguer, transposant ici une vielle distinction de la philosophie politique chinoise, le gouvernement par les lois et le gouvernement par les hommes. Dans le système de gouvernement par les lois, la Loi exprime la volonté d'un pouvoir souverain qui s'impose également à tous. Ce montage dogmatique rend possible l'articulation de deux plans juridiques distincts : celui du calculable et celui de l'indiscutable. Le premier concerne les questions qui transcendent tout calcul d'utilité individuelle, et relèvent de la délibération et du domaine de la loi. Le second concerne les questions qui sont susceptibles d'être régies par des calculs d'utilité individuelles, et peuvent relever du domaine de la négociation et du domaine du contrat. Dans un système de gouvernement par les hommes chacun se trouve inséré dans un réseau de liens de dépendance. Est recherché la conformité du comportement de chacun à la place qu'il occupe dans ce réseau. Chacun doit servir au mieux les intérêts de ceux dont il dépend et pouvoir compter sur la loyauté de ceux qui dépendent de lui. Dans ce type de montage, la distinction du calculable et de l'incalculable se brouille. […] La position de l'État s'apparente alors du moins en moins à celle d'un souverain et de plus en plus à celle d'un suzerain (8).

Les limites de la dépendance

La souffrance partout sensible dans nos sociétés ultramodernes vient que chacun est sommé de s'affirmer en souverain gouverneur de sa propre vie, alors que son statut n'est plus garanti par les lois, mais dépend de la solidité des liens affectifs et économiques qu'il a pu tisser avec autrui.
Les limites ne sont ni des murs ni des passoires,et elles doivent nous protéger aussi bien de l'utopie d'un monde sans frontière que de la réalité d'un monde où chacun se barricade.
C'est au Droit qu'il incombe d'élargir ou de restreindre le jeu du libre-échange, selon qu'il sert à fertiliser le travail des hommes et à les arracher à la misère ou, au contraire, à priver les hommes de travail et de les plonger dans la misère. […] La maitrise de la circulation des marchandises entre ces grands marchés serait de nature à encourager les investissements de long terme.
La cour constitutionnelle allemande a été la première à donner le signal de ce réveil des juridictions nationales. Au terme d'un examen très minutieux des dispositions du Traité de Lisbonne, elle a estimé qu'en raison du « déficit structurel de démocratie », la ratification de ce traité devait être subordonné à l'adoption d'une loi pour « garantir l'efficacité du droit de vote » des citoyens.

Sens de la mesure

L'unité de mesure : l'objectif de justice sociale

Cette conception téléologique heurte de front la vulgate positiviste occidentale, qui entend répudier toute référence à l'idée de justice dans une « science du Droit » réduite à la description d'une tuyauterie de normes.
En revanche dans le domaine économique et monétaire, la conception téléologique de la normativité a véritablement triomphé pour faire respecter « l'ordre spontané » du Marché.
La normativité par objectif a ainsi été retournée contre ce quoi elle avait été conçue : le progrès de la justice sociale. […] Si la justice sociale faisait partie des objectifs fondamentaux assignés à l'UE, rien n'interdirait au juge communautaire de déclarer contraire à cet objectif les dispositions nationales promouvant une organisation du temps de travail incompatible avec une vie familiale ou sociale normale.
Les « indicateurs de développement humains » conçus et mis en œuvre avec la meilleure intention du monde, n'échappent pas à ce travers, dès lors qu'ils projettent sur la terre entière une normativité ignorante des situations globales. Interdire en termes généraux et abstraits le « travail des enfants » et faire du taux de leur scolarisation un « indicateur du développement humain » peut aboutir à ceci qu'on les arrache aux modes traditionnels de transmission des savoirs pour les entasser par centaines dans de vastes hangars face à un instituteur dépassé par le nombre. Les conditions réelles d'éducation en sortiront fortement dégradées, mais le score du pays s'en trouvera amélioré aux yeux des organisations internationales.
Une combinaison de l'universalité de l'objectif de justice social et de la représentation de l'expérience locale du travail éviterait de projeter sur le monde entier les paradigmes d'emploi salarié et de « développement humain ».

La capacité d'action

Sens pris par le mot Réformer : Démantèlement conduit au nom de la « liberté » individuelle : liberté de se faire payer en dessous des tarifs conventionnels, de travailler 15 heures par jour, de ne jamais prendre sa retraite, de travailler le dimanche plutôt que de le passer avec ses enfants.
« Valeur travail »: Invoquée non pour augmenter les salaires, mais pour réduire la fiscalité sur le capital.
« Création de valeurs » : désigne non pas le travail mais les revenus tirés de la prédation financière des entreprises.
Cette dénaturation du langage est typique, comme l'avait bien vu Orwell (voir les principes de la novlangue). […] D'où l'apparition dans le vocabulaire communautaire de cet hybride qu'est la flexicurité. « S'il fallait à la fois subir la subordination de l'esclave et courir les dangers de l'homme libre, ce serait trop » observait Simone Weil en 1936. C'est dans une telle impasse que nous engagent ceux qui en appellent à l'initiative et à la responsabilité des travailleurs, tout en les traitant comme des choses à la disposition du Marché.

La charge des responsabilités

A la maxime de Milton Friedman « l'unique responsabilité sociale de l'entreprise est celle de faire des profits », on peut retourner l'adage hérité du Droit romain : Ubi emolumentum ibi onus « où est le profit, là est la charge » (et donc le responsable).
Le fait que la prise en considération du processus de fabrication des produits soit obligatoire, quand il s'agit de protéger les droits de propriété intellectuelle, et prohibée quand il s'agit de protéger les droits fondamentaux des travailleurs est une manifestation supplémentaire du renversement des moyens de des fins intervenu sur le Marché total.

Les cercles de la solidarité

La solidarité : L'obligation qu'elle fait peser sur chacun de contribuer à la protection de tous relève certainement des devoirs de l'homme, implicitement ou explicitement reconnu par les déclarations des droits fondamentaux. cette mutualisation substitue au calcul d'utilité individuel (qu'elle interdit) un calcul d'utilité collective (qu'elle organise).
Le mot « pauvre », dans diverses langues africaines, ne désigne pas ce que la Banque mondiale entend par là (un revenu inférieur à 2 dollars par jour) : est pauvre « celui qui a peu de gens », qui ne peut compter sur la solidarité d'autrui.
Il faut installer le principe de solidarité au cœur des règles internationales du commerce (ce qui impliquerait notamment d' »assurer une plus grande stabilité des prix mondiaux des matières premières et denrées »).



1/ Le projet de donner une base biologique aux lois supposées de l'économie remonte au XIXe siècle.
2/ Adopté deux mois avant la déclaration de Philadelphie, et animé du même esprit (projet de république sociale)
3/ Ce prix est une contrefaçon des véritables prix Nobel. Crée en 1969, il est le prix de la banque de Suède.
4/ Francis Bacon.
5/ Lorsqu'ils ont perdu leurs emploi, les traders londoniens qui ont oeuvrés à la faillite du système financier ont pu, en application du Droit social communautaire, percevoir des caisses françaises de chômage auxquelles ils n'ont jamais cotisé, des indemnités représentant quatre fois le montant du plafond de la sécurité sociale (soit 6366 € mensuels en septembre 2008). A l'inverse, la travailleuse pauvre qui enchaine des emplois précaires à temps partiel justifie difficilement d'une période de cotisation suffisante pour avoir droit à des allocations chômage.
6/ Mathieu XXV,29.
7/ Rien de plus facile que d'afficher des résultats conformes, il suffit de baisser le niveau d'exigence.
8/ Tandis que le souverain est titulaire d'un pouvoir suprême, le suzerain n'a de prise directe que sur ses propres vassaux et non pas sur les vassaux de ses vassaux.

26 mars 2015

Le gui et le souchet

Canard souchet (photo par Axel)

Dans le marais, mué pour un soir en druide, à recenser les boules de gui qu’il ne faut pas confondre aux nids de pie… Réminiscence des années jeux de rôles ; égaré dans les broussailles virtuelles – pixels d’oiseaux et de forêts hantés d’elfes sinon de séides de Malar
Mais là le vent dans les peupliers, plantés en rangs d’oignons ; stupides dans le silence.

Un détour par le plan d’eau picoré de mouettes rieuses.
Ici la patience à ses mérite ; non point une immobilité de fauve tendu à la satisfaction de ses appétits.
Mais la nonchalance attentive ; ce regard flottant, rendu aigu par force d’accoutumance. Cet œil qui dit à la volée : Chipeau, sarcelle d’hiver, tadorne et bécassine des marais…

Souchet du soir. 
Avaloir de nos songes…

Exutoire de nos larmes.




17 mars 2015

Jared Diamond - Effondrement

Billet initial du 13 mars 2010
(Billet initial supprimé de la plateforme overblog, infestée désormais de publicité)
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Jared Diamond - Effondrement


Un gros volume de près de 800 pages, d'une lecture fort agréable, très riche et fourmillant de détails - parfois trop, mais ils servent de point d'appui aux thèses avancé.

La problématique


Comment peut-on étudier « scientifiquement » l'effondrement des sociétés du passé ? Pour se faire Jared Diamond, s'appuyant sur sa formation (biologie et biochimie) et sur son expérience de terrain (ornithologie), adopte une « méthode comparative » : il « compare en effet différentes sociétés passées et présentes qui se distinguent par leur fragilité environnementale, leurs relations avec leurs voisins, leurs institutions politiques », etc.. voilà pour les variables d'entrée. L'effondrement, les formes qu'il revêt, ou la survie, forment les variable de sortie (il s'appuie, outre ses propres connaissances sur les travaux des archéologues, des historiens et autres spécialistes utiles à son étude).

Quels enseignements peu-on en tirer ? Si pour Jared Diamond, « il ne faudrait pas naïvement croire que l'étude du passé pourrait fournir des solutions simples et directement applicables à nos sociétés », la compréhension des effondrements des civilisations de jadis sont néanmoins riches d'enseignements pour le présent. A savoir que les sociétés passées, objet de son étude, qui se sont effondrées se sont toutes suicidées écologiquement (écocide), en n'ayant pas su, malgré leur degré relatif de développement, observer les limites auxquelles elles se heurtaient, ni appréhender les facteurs susceptibles de causer leur déclin. A plus forte raison, elle se sont montrées incapables d'y porter remède. Pour Jared Diamond, les principales différences d'aujourd'hui d'avec les sociétés passées : « la population est plus importante, la technologie plus destructrice aujourd'hui, et l'interconnexion actuelle fait peser un risque d'effondrement global plutôt que local ». Et bien que l'auteur achève son ouvrage sur une note de optimisme obligé, nous voici donc rassérénés.

Grille de lecture et facteurs environnementaux


Pour entrer brièvement dans le détail de l'étude de ces sociétés, fragiles écologiquement, qui se sont effondrées, voici la grille d'analyse déduite par Jared Diamond. Elle est constituée de cinq facteurs :

  1. 1) Dommages environnementaux.
  1. 2) Changements climatiques.
  1. 3) Voisins hostiles.
  1. 4) Soutiens de plus en plus réduits de voisins amicaux.
  1. 5) Réponses apportées par une société à ses problèmes environnementaux.

Et en filigrane, un autre facteur, bien que non répertorié comme tel, intervient à tous les niveaux : la démographie (nous y reviendrons).

Sur l'aspect environnemental, Jared Diamond recense 12 problèmes majeurs, auxquels les sociétés d'hier et la notre aujourd'hui sont confrontées :

  1. 1) Destruction d'habitat naturel pour les remplacer par des habitats artificiels (disparition des forêts, marais, récifs de corail, etc.)
  2. 2) Trop forts prélèvement des ressources halieutiques (poissons, coquillages).
  3. 3) Perte de biodiversité.
  4. 4) Dégâts causés aux sols par les pratiques agricoles (érosion, stérilisation, tassement des terres,etc.)
  5. 5) Dépendance aux énergies fossiles
  6. 6) Trop grande utilisation de l'eau douce (et pollution de cette eau). (La désalinisation, n'étant pas une solution généralisable).
  7. 7) Limite de la photosynthèse (énergie solaire à l'hectare dépend de la température et de la pluviométrie).
  8. 8) Relâchement par l'industrie chimique de produits toxiques dans l'atmosphère, les sols, les océans, les lacs, les rivières.
  9. 9) Introduction d'espèces étrangères (volontairement ou non) produisant des problèmes environnementaux (lapins en Australie, par exemple, ou les rats dans l'ile de Pâques).
  10. 10) Les activités humaines produisent des gaz à effet de serre (transport (CO2), l'élevage (méthane), etc.)
  11. 11) Augmentation de la population mondiale, exerçant ainsi une pression plus grande sur l'environnement.
  12. 12) Déchets générés par la consommation des ressources.

Tous ces problèmes sont inter-dépendants. Agir sur l'un d'entre eux en exacerbe un autre. La croissance démographique affecte par exemple tous les autres facteurs.

Sur les sociétés étudiées


Jared Diamond, fort de sa grille de lecture, passe au crible les destins de sociétés et populations qui se sont effondrées. Entre-autre : les habitants de l'ile de Pâques, les Anasazis, les Mayas et des viking du Groenland.
Et pour ceux qui parvinrent à se maintenir jusqu'à aujourd'hui : le japon et Tikopia.

Chaque société étudiée fait l'objet d'un long chapitre (deux, dans le cas des Viking du Groenland), retraçant sous la forme d'un récit agréable à lire, parfois poignant, leur histoire ; de leur origine à leur fin, passant par leur apogée. Le texte fourmille d'informations et de démonstrations à caractère scientifique, mais sans accabler pour autant le lecteur, Jared Diamond ayant un art certain de la vulgarisation (au sens noble du terme). Un petit défaut à mon sens cependant : trop de répétitions engrènent l'ouvrage.

Il aborde par ailleurs dans d'autres chapitres, le devenir de quelques sociétés contemporaines : la Chine et l'Australie. La première, « géant au pieds d'argile », par sa taille, sa population, son développement économique, se trouve déjà confronté à de graves problèmes environnementaux, dont l'impact est mondial. Quant à l'Australie « minière », elle donne un aperçu de problèmes qui se poseront ailleurs dans ce que Jared Diamond appelle le « premier monde » (l'occident industrialisé en gros), si les tendances actuelles perdurent (surexploitation des ressources non renouvelable, surpaturage, utilisation excessives d'intrants pour l'agriculture, dégradation des nappes phréatiques, etc.)

Un autre chapitre est consacré au génocide du Rwanda, où Diamond met en évidence qu'aux massacres ethniques se sont ajoutés des crimes liés aux problèmes de surpopulation dramatiques auxquels se trouve confronté le pays (accaparement de terres).




Hors champ

En France la principale critique exprimée à l'encontre des thèse de Jared Diamond, provient essentiellement du fait qu'il donne l'impression (pas totalement fausse) qu'il subordonne les différents facteurs de sa grille de lecture à un superfacteur qui les conditionne tous, à savoir la croissance démographique.

Critique de Daniel Tanuro

(Lien article)
Un article emblématique à ce propos est celui de (ingénieur agronome) paru en décembre 2007 dans le monde diplomatique. Au-delà de l'aspect polémique, transpirant dans le titre même « L'inquiétante pensée du mentor de Mr Sarkosy », et qui dessert plutôt son auteur, l'analyse de ce texte pointe des éléments qui méritent d'être examiné.
Qu'on ne s'y trompe pas. Le différent est ici idéologique. Pour daniel Tanuro, Jared Diamond a tout bonnement « dépouillé le problème de tout ce qu'il a de social, de politique et d'économique ». Ce n'est pas entièrement faux mais certainement très excessif. Pour étayer ses assertions, s'il renonce à répondre point par point aux thèses exposées par Jared Diamond, lui évitant sans doute un travail fastidieux et quelques difficultés, puisqu'il évite ainsi de se confronter aux données scientifiques sur lesquelles s'appuient les thèse qu'il s'efforce de combattre, Daniel Tanuro se suffit d'un exemple selon lui emblématique, et conclura ensuite, lapidaire, que le reste est du même tonneau.
Examinons donc ledit exemple : « Prétendre que « les problèmes d’environnement et de population sont responsables dans une large mesure et en dernière instance des coupures de courant » dont la Californie a souffert ces dernières années est une contre-vérité manifeste. Il est parfaitement établi que ces coupures spectaculaires, qui ont défrayé la chronique en 2000 et 2001, étaient imputables à la libéralisation du marché américain de l’électricité ». C'est encore une fois vrai et faux tout à la fois. Certes si dans cette phrase Jared Diamond se livre à un raccourci hasardeux, pour ne pas dire maladroit, il n'en reste pas moins, qu'au-delà des contingences immédiates liées aux politiques menées, en dernière instance il y a bien eu en Californie en 2000 / 2001 un problème lié à un accroissement démographique de 13% dans les années 1990. Que l'état Californien ne l'ait anticipé et construit suffisamment de centrale électriques est un fait avéré, qui renvoie, en dernière analyse, aux problèmes de pression sur les ressources évoqués par Jared Diamond dans son ouvrage. Par ailleurs, que la cause de ces pénuries électriques, comme l'affirme Daniel Tanuro, soient entièrement imputables à la libéralisation du marché est un raccourcis tout aussi constable que la thèse qu'il prétend dénoncer. Pour exemple, parmi d'autre, voici un point de vue qui met à mal cette thèse :

 "Le processus politique ayant mené à la restructuration de l'industrie énergétique californienne en 1996 est typiquement présenté comme une déréglementation. La chose est pour le moins bizarre lorsque l'on considère que: 
  • les fonctionnaires californiens continuèrent de déterminer le prix de vente aux consommateurs, qu'ils gelèrent jusqu'en 2002;
  • les distributeurs d'électricité se virent interdire de négocier des contrats avec des producteurs de leur choix et furent dans les faits obligés de s'approvisionner auprès d'une « bourse étatique » dont le but était de s'assurer qu'ils paieraient le prix le plus élevé possible. Dans certains cas, le coût du mégawatt-heure est passé de $30 à $1500;
  • les fonctionnaires obligèrent certaines entreprises à vendre leurs centrales et à s'approvisionner sur la bourse énergétique de l'État;
  • de nouvelles règles bureaucratiques encadrèrent encore davantage l'entretien des centrales et des lignes de transmission.
          En clair, la restructuration californienne de 1996 se traduisit en pratique par davantage d'interventionnisme et augmenta de façon considérable le coût d'opération des entreprises, tout en gelant le prix de vente aux consommateurs. Les législateurs présentèrent leur machination comme un processus de privatisation, mais la réalité fut bien différente".  

Au bout d'un petit développement où il déplore que « les lecteurs convaincus par Diamond ne s’interrogeront sans doute pas sur la libéralisation de l’énergie, ou sur les coupes claires dans les budgets de l’éducation et de la santé. Les lunettes démographiques à travers lesquelles il leur aura appris à regarder tendent à ne laisser qu’une seule question ouverte : combien de personnes en trop ? », Daniel Tanuro surligne en gros ce qui lui apparaît comble de l'horreur chez Jared Diamond : « Les défis environnementaux seraient moins aigus s'il y avait moins de gens sur terre ». C'est pourtant une lapalissade. Il n'est qu'à regarder la courbe de démographie mondiale. Dans un monde fini, où il n'y aura pas de seconde révolution verte (appuyée sur le pétrole et en stérilisant la plupart des terres cultivés, tout en puisant et polluant éhontément dans les rivières et nappes phréatiques au-delà des seuils critiques, allons-nous compter sur les prétendues miracles des OGM et autres fantasmes scientistes pour nous sortir de l'ornière dans laquelle nous nous trouvons ?

Quoi qu'il en soit, outre le ton excessif employé par Daniel Tanuro, il y a évident mélange de genres. Car que viennent donc faire ici les coupes dans les budgets de l'éducation ? Expliquent-ils l'effondrement de populations de l'île de Pâques ou la disparition des viking du Groenland ?
Je n'irai pas plus en avant ici. Le parti pris, essentiellement idéologique, de Daniel Tanuro, pointant des détails et petites phrases contestables ici où là, est irréconciliable et sans commune mesure avec la démarche de Jared Diamond, plutôt exhaustive et étayée sur l'analyse de sociétés qui se sont jadis effondrées. Que ces causes avérées puissent déplaire n'en font pas des contre-vérités pour autant.

Ps : Il est à noter que l'article de Daniel Tanuro a suscité l'indiignation de nombreux lecteurs du 'Monde diplomatique', ce qui a conduit le journal à ouvrir un forum en ligne en janvier 2008 pour débattre du sujet. parmi les contributions, voici le début de celle d'un biologiste du CNRS, Bernard Thierry : "Par le passé, des sociétés humaines ont probablement disparu parce qu’elles avaient détruit leur milieu naturel en exploitant ses ressources au-delà de ce qu’il pouvait supporter. Méditons leur sort pour ne pas répéter leurs erreurs. Ce message de Jared Diamond a une portée universelle, et je m’étonne de le voir réduit par M. Tanuro à une idéologie qui aurait pour tort supplémentaire d’être prise au sérieux par M. Sarkozy. La lecture des différents ouvrages de Diamond révèle une réflexion profondément humaniste, aux antipodes de « l’inquiétante pensée » qui lui est attribuée." (Pour la suite cliquer sur ce lien : Contributions)


Peut-on discuter sereinement en France des problèmes démographiques ?

Symptomatique est à ce propos la contribution de Paul Ariès (1) dans le N°1 de la revue Entropia. Je précise qu'il s'agit là d'un auteur pour qui j'avais un a-priori plutôt favorable. J'en suis sorti moulu de perplexité. Avec Ariès, on est vite excommunié. On se penche ainsi sur la question de la démographie ? C’est du Néo-malthusianisme, donc on est de la nouvelle droite (Lévi-Strauss, Yves Cochet, Jared Diamond, ou André Lebeau, entres autres, doivent sans doute relever de cette catégorie). Qui n’est pas avec moi est contre moi. Le schéma est manichéen. Il y a l’humanisme et l’antihumanisme. Point barre. Tout ce qui n’entre pas dans la première de ces catégories relève forcément de la seconde. Si l'on ne se rallie pas avec assez de netteté à l’universalisme judéo-chrétien ? C’est un retour au paganisme, à cette sinistre idée de Gaïa, et tout le fatras mystico-idéologique qui, évidemment, s’en réclame. Nouvelle droite ! Questionner le leitmotiv prométhéen qui nous voudrait rendus comme « maîtres et possesseurs de la nature », analyser l’impact des Lumières sur notre manière d'être au monde ; répétons ensemble : c’est la nouvelle droite ! Enfin, pour faire bonne mesure, si l’on se risque à apprécier un peu trop Thoreau ? C'est que l'ombre de Jungër plane au-dessus de nos tête. D’ailleurs, il fallait s'en douter, ces relents de retour à la nature, sont en eux-mêmes suspects. La terre est synonyme de pétainisme larvé. Ferry l'a bien dit, Naess, dont il ne doit pas avoir lu plus que quelques feuillets, c’est le chantre de l’antihumanisme. 

Sur ces problèmes liés à la démographie et la surpopulation, nous avions eu l'occasion d'en discuter avec Françoise Gollain (2) à l'issue d'une conférence organisée sur l'écologie et André Gorz. Vivant au Pays de Galle, elle nous confiait, que contrairement dans les pays anglo-saxons, il était pratiquement impossible d'évoquer en France ce sujet sereinement, car très chargé idéologiquement. Que pourtant un débat était nécessaire. Le livre d'André Lebeau (3), « L'enferment planétaire » y contribue au premier plan. 


1 Auteur d'une vingtaine d'ouvrages. Politolgue et écrivain. membre de plusieurs comités de rédaction dont le journal La Décroissance dont il assume depuis janvier 2007 la responsabilité des pages politiques et internationales et la revue catholique de gauche Golias (lui-même est athée6). Il collabore régulièrement avec Le Monde diplomatiqueAlternatives non violentes et est l'auteur de la notice « scientologie » et « enfants : les nouveaux droits » de l'Encyclopædia Universalis. (source wikipédia).
2 Sociologue, auteur de « Une critique du travail. Entre écologie et socialisme, suivi d'un entretien avec andré Gorz. (éditions la découverte)