Un petit extrait d’une intervention de Pierre-Henri Gouyon, dans le cadre d’une émission de « Planète terre » sur France Culture (FORUM FRANCE CULTURE l'année vue par les sciences à la Sorbonne) intitulée Urbanisation, biodiversité, changement climatique : Les humains sont-ils trop nombreux ?
« Je voudrai revenir sur la liaison entre technique et l’idéologie…
Nous sommes au cœur d’un problème très actuel. Beaucoup de gens imaginent que les idéologies c’est fini, que depuis la chute du bloc soviétique tout le monde est d’accord sur le fonctionnement mondial, et qu’il n’y a plus que des problèmes techniques. Je pense que c’est grave. Je le vois, pour donner un exemple, en ce qui concerne une partie particulière de la biodiversité qui est celle des semences. On peut dire et bien voilà, un certain nombre de gens ont une vision idéologique de la façon dont doit être gérée cette chose-là, c’est que quelques entreprises possèdent toutes les semences de la planète, qui sont brevetés – c’est ce qui est en train de se faire, grâce à toute une série de processus – on a commencé par les OGM, mais maintenant on est en train de faire mieux… ça veut dire qu’il n’y a quasiment plus de diversité dans les champs, parce que chacune de ces entreprises arrive à couvrir d’immenses surfaces avec la même variété. Mais ne vous inquiétez pas, tous les grands altruistes du monde, à commencer par Mr Bill Gates, premier actionnaire de Monsanto, ont en place un système, un très grand frigo en Norvège dans lequel les gènes des plantes sont gardées pour le jour où il y aura un problème…. Pourquoi c’est grave ? parce qu’on sait bien que si on homogénéise considérablement les cultures, elles vont devenir extrêmement sensibles à toute une série de problèmes. Or on est en train de parler de changement climatique, de changement démographique ; il est clair que tous ces changements vont créer de nouveaux problèmes pour l’agriculture. Des problèmes de climats qu’on imagine bien. Mais dès qu’on change le climat on change plein de choses sur le plan de la biodiversité, en particulier quels animaux vont venir vous manger vos cultures ou vont venir vous piquer. On est là à s’inquiéter des moustiques tigres en France, eh bien oui et il va y avoir de nouvelles maladies sur les cultures. Si ces cultures sont terriblement homogènes on risque d’immenses catastrophes mondiales au niveau agricole. Et là sur la démographie, les projections actuelles se retrouveront peut-être totalement fausses car on va réussir à fabriquer des famines…
Nous sommes au cœur d’un problème très actuel. Beaucoup de gens imaginent que les idéologies c’est fini, que depuis la chute du bloc soviétique tout le monde est d’accord sur le fonctionnement mondial, et qu’il n’y a plus que des problèmes techniques. Je pense que c’est grave. Je le vois, pour donner un exemple, en ce qui concerne une partie particulière de la biodiversité qui est celle des semences. On peut dire et bien voilà, un certain nombre de gens ont une vision idéologique de la façon dont doit être gérée cette chose-là, c’est que quelques entreprises possèdent toutes les semences de la planète, qui sont brevetés – c’est ce qui est en train de se faire, grâce à toute une série de processus – on a commencé par les OGM, mais maintenant on est en train de faire mieux… ça veut dire qu’il n’y a quasiment plus de diversité dans les champs, parce que chacune de ces entreprises arrive à couvrir d’immenses surfaces avec la même variété. Mais ne vous inquiétez pas, tous les grands altruistes du monde, à commencer par Mr Bill Gates, premier actionnaire de Monsanto, ont en place un système, un très grand frigo en Norvège dans lequel les gènes des plantes sont gardées pour le jour où il y aura un problème…. Pourquoi c’est grave ? parce qu’on sait bien que si on homogénéise considérablement les cultures, elles vont devenir extrêmement sensibles à toute une série de problèmes. Or on est en train de parler de changement climatique, de changement démographique ; il est clair que tous ces changements vont créer de nouveaux problèmes pour l’agriculture. Des problèmes de climats qu’on imagine bien. Mais dès qu’on change le climat on change plein de choses sur le plan de la biodiversité, en particulier quels animaux vont venir vous manger vos cultures ou vont venir vous piquer. On est là à s’inquiéter des moustiques tigres en France, eh bien oui et il va y avoir de nouvelles maladies sur les cultures. Si ces cultures sont terriblement homogènes on risque d’immenses catastrophes mondiales au niveau agricole. Et là sur la démographie, les projections actuelles se retrouveront peut-être totalement fausses car on va réussir à fabriquer des famines…
Donc oui c’est grave. Et oui garder les gènes au frigo et ce dire qu’à chaque fois qu’il y aura un problème on ira fabriquer de la biologie synthétique pour ressusciter des graines mortes et trouver le gène qui permet de résister à ce problème-là, faire des OGM pour transformer les plantes : voilà une vision idéologique de l’agriculture du futur. Une autre c’est de dire qu’il faut arrêter cette homogénéisation, remettre en œuvre des systèmes participatifs avec des paysans qui refabriquent de la diversité dans les champs en permanence, et les épidémies s’arrêteront d’elles-mêmes et les populations pourront s’adapter. Cela va tout à fait contre un certain nombre de lobby qui évidemment contrôlent le système agricole. Et les gens qui croient qu’ils font de la pure technique quand ils cherchent comment résoudre un problème chez une plante, en transférant un gène d’une bactérie à une plante, ne se rendent souvent pas compte à quel point la technologie qu’ils sont en train de développer correspond à une vision idéologique précise de l’agriculture.
Il faut absolument revenir sur cette idée : une technologie ce n’est jamais neutre sur le plan idéologique ».
