Blogue Axel Evigiran

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La dispersion est, dit-on, l'ennemi des choses bien faites. Et quoi ? Dans ce monde de la spécialisation extrême, de l'utilitaire et du mesurable à outrance y aurait-il quelque mal à se perdre dans les labyrinthes de l'esprit dilettante ?


A la vérité, rien n’est plus savoureux que de muser parmi les sables du farniente, sans autre esprit que la propension au butinage, la légèreté sans objet prédéterminé.

Broutilles essentielles. Ratages propices aux heures languides...


24 avr. 2023

Ruines de la collégiale des Roches-Tranchelion

 

Vue de la façade de la collégiale (photo par Axel)

A déambuler sur les chemins vicinaux depuis le village Crissay-sur-Manse en Touraine, entre la Loire et la vienne, au détour d’un vallon au manteau couvert de colza, tomber sur les ruines de la collégialedes Roches-Tranchelion.

Et là de jouir du calme des lieux abandonnés aux herbes folles, loin des attractions touristiques. Quelques pans de murs, encore fier sous le bleu du ciel. Des arches élancées forment désormais le squelette de ce complexe « construit entre 1520 et 1524 et consacré en 1527 en tant que chapelle funéraire. »


Arches (photo par Axel)

Alentours (Photo par Axel) 

Entrée de la collégiale (photo par Axel)

Pour en savoir davantage sur ces lieux d’où suintent une certaine magie, faisant abstraction des réclames, nous recommandons cette page consacrée à la collégiale …

Roche-Tranchelion

On y lira entre autres plusieurs légendes rattachées au nom de Tranchelion.


Pan de mur (Photo par Axel)


13 févr. 2023

Herman Hesse et la foule ...

 

Le cauchemar ! 

Herman Hesse, toujours …

Ce matin lisant le texte intitulé « Retour à la campagne » : 

« L’arrivée à Lugano fut peu réjouissante. Telles des nuées de sauterelles, les étrangers débarquent ici en masse aux alentours de Pâques, et cela faisait longtemps que je n’avais pas été indisposé à ce point par le vacarme des foules envahissantes peuplant la terre. (…) Ils trouvent tout charmant et ravissant, sans se rendre compte le moins du monde que par leur faute, un des rares endroits paradisiaque existant encore au cœur de L’Europe se transforme chaque année davantage en banlieue berlinoise. (…) Même le dernier des vieux paysans, si aimable soit-il, installe du fil de fer barbelé autour de ses prairies pour les protéger des flots de touristes qui les piétinent (…) La terre est désormais tellement surpeuplée ! »

Que ne dirait-il pas aujourd’hui ?!


Ce sentiment d’oppression face au déferlement de ces foules de touristes, est le même que celui que j’éprouve au Crotoy et en Baie de Somme, chaque année davantage, dès que se profile un long weekend ou, pire, lors des vacances scolaires !

Souillure du paysage et du silence.


L'idéal !
vue du Crotoy en hors saison depuis la baie de Somme - photo par Axel


7 févr. 2023

Du pessimisme d’Herman Hesse

Le matin, avant de me rendre à bicyclette au tripalium, j’ai pris l’habitude de lire quelques pages, sirotant un thé affalé dans mon canapé. Une nouvelle, une poignée d’aphorismes ou un texte bref sur l’un des nombreux sujets que je goûte.

 

En ce moment c’est le recueil de textes d’Herman Hesse, « L’art de l’oisiveté » qui m’accompagne. J’y relève, l’œil encore endormi, ces quelques lignes tirées d’un texte daté de 1928 et intitulé « Oppositions » :

 

« … notre époque a pour mot d’ordre : la santé, la compétence et la confiance béate dans le futur, le rejet narquois de tous les problèmes profonds, le renoncement répugnant et lâche à toute forme de questionnement dérangeant, la jouissance de l’instant.

(…)

Lorsque je les vois exprimer un vif contentement et rire avec satisfaction, je ne puis m’empêcher de penser à l’année 1914. Je songe à l’optimisme soi-disant salutaire de ces peuples qui trouvaient tout magnifique, enthousiasmant et menaçaient de coller au mur chaque pessimiste rappelant que les guerres sont des entreprises fort périlleuses et violentes qui peuvent aussi se solder par une triste défaite. Ainsi les pessimistes furent-ils en partie ridiculisés, en partie fusillés. Les optimistes eurent alors leur époque de gloire, ils exultèrent et triomphèrent pendant des années, jusqu’au moment où, épuisés de tant d’allégresse et de victoires, ils s’effondrèrent brutalement … »

 

Au fond, pas grand-chose n’a changé … Les guerres, le dérèglement climatique, l'effondrement de la biodiversité et, à rebours, les enthousiasmes du consumérisme et l'apologie béate de Musk !