Hubert Reeves aux chutes de Gulffoss (Islande 2010) - photo par Axel |
En ses mémoires ; rédigées
en 2008 (sommes en 2019) – Intitulées : « Je n’aurai pas le temps » ; ex voto ? Hubert Reeves
écrit - conjuration du sort… Quoi qu’il en soit :
« Le printemps… Dans les arbres, les voix de la forêt se diversifient et
se multiplient. Au chant plaintif et susurrant du rouge-gorge qui ne nous a pas
quitté de l’hiver, s’ajoute maintenant les vocalises du merle, les thèmes flutés des loriots et les ritournelles des mésanges.
Mais c’est le rossignol que, dans ce flot sonore, mon oreille cherche
attentivement. Dès que je crois distinguer sa mélopée dans le lointain, je
dirige mes pas dans sa direction, à travers les ronces et les buissons… »
C’est poétique et profond…
Il n’empêche, quelques précisions
s’imposent… Le Rouge-gorge de votre jardin au printemps n’est pas celui qui a
agrémenté vos jours d’hiver… L’espèce est migratrice. Et au jeune-beau du
printemps, qui tout en testostérone claironne (plus son taux est élevé, mieux
il chante et plus il est agressif) succède le visiteur d’hiver, épuisé, venu du
nord… Un chant plaintif, capable de hanter nos songes les plus neigeux…
Quant au loriot, du moins dans
les Hauts de France, il ne se fait entendre qu’au printemps consommé…Un son
fluté, reconnaissable entre tous, haut dans la canopée… Flocon jaune difficile
à détecter visuellement…
Et du rossignol : point n’est
besoin de l’approcher pour reconnaitre sa trille… Pas si originale que l’on raconte
dans les fables ; pas si variée que l’on prétend…. Les stéréotypes
imaginés et véhiculés par les poètes y contribuent - qui peut-être ne l’ont
jamais entendus mais répètent et annoncent les poncifs… Car l’oiseau chante la
nuit ; les mâles étant parvenus avant les femelles sur les sites de
reproduction, la migration ayant lieu le soleil couché… Des motifs triviaux
habillés de poésie !
Parfois le savoir est un fardeau !
Rouge-gorge de la baie de Somme (photo par Axel) |
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