Blogue Axel Evigiran

Blogue Axel Evigiran
La dispersion est, dit-on, l'ennemi des choses bien faites. Et quoi ? Dans ce monde de la spécialisation extrême, de l'utilitaire et du mesurable à outrance y aurait-il quelque mal à se perdre dans les labyrinthes de l'esprit dilettante ?


A la vérité, rien n’est plus savoureux que de muser parmi les sables du farniente, sans autre esprit que la propension au butinage, la légèreté sans objet prédéterminé.

Broutilles essentielles. Ratages propices aux heures languides...


14 mars 2019

Midway Atoll, Baudelaire et l’albatros...



(Film trailer)

Entre l’homme et l’albatros c’est une vieille histoire…
Mais avec Midway nous sommes loin de sévices que faisaient endurer au ‘prince des nuées’ quelques marins désœuvrés.


Souvent, pour s'amuser, les hommes d'équipage
Prennent des albatros, vastes oiseaux des mers,
Qui suivent, indolents compagnons de voyage,
Le navire glissant sur les gouffres amers.

À peine les ont-ils déposés sur les planches,
Que ces rois de l'azur, maladroits et honteux,
Laissent piteusement leurs grandes ailes blanches
Comme des avirons traîner à côté d'eux.

Ce voyageur ailé, comme il est gauche et veule !
Lui, naguère si beau, qu'il est comique et laid !
L'un agace son bec avec un brûle-gueule,
L'autre mime, en boitant, l'infirme qui volait !

Le Poète est semblable au prince des nuées
Qui hante la tempête et se rit de l'archer ;
Exilé sur le sol au milieu des huées,
Ses ailes de géant l'empêchent de marcher.


Charles Baudelaire (1821-1867), Les Fleurs du Mal (1857), II.



A Midway personne ne cherche à nuire au grand oiseau blanc ; mais le désœuvrement de l’espèce humaine s’y coagule sous forme de millions de tonnes de déchets.
Le poète dans la société serait-il semblable à l’albatros ? C’est une possibilité. Pour s’en assurer il n’est qu’à sonder ses entrailles….
Funestes augures !

Pour le reste, les images se passent de commentaires.


Qu’est-ce que Midway ?

Midway Atoll is located near the apex of what is being called the Pacific Garbage Patch, a swirling soup of millions of tons of plastic pollution. In fact, much of this plastic can not be seen at, but it can’t be avoided as it comes ashore on these pristine beaches and in the stomachs of the birds. The islands are literally covered with plastic garbage, illustrating on several levels the interconnectedness and interdependence of the systems on our finite planet


9 févr. 2019

Le paradoxe de Florence

Florence, vue générale (photo par Axel)

 Il est des villes dont on rêve de fouler les rues… Des destinations nimbées de l’auréole d’un mystère térébrant, propice à toutes les fantasmagories. Des endroits dont on se dit : « là-bas, j’irai un jour ! » Or il advient que parfois les songes se réalisent…

Et la déconvenue à l’avenant (tous les fantasmes n’ont pas vocation à se parer du manteau du réel).

Ainsi de Florence avec ses flamboiements – la Renaissance à son zénith. Certes la vue depuis de belvédère surplombant la ville est à couper le souffle – puis les yeux s’habituent... Car une fois en contrebas, parmi les vestiges indemnes des gloires passées, la cité prend ses allures de musée à ciel ouvert ; un parc d’attraction charmant, tapissé d’une foule bariolée et avide. Bien sûr, la Galerie des Offices et ses célèbres Botticelli…. Bien sûr les statues de la place della Signora et le Ponte Vecchio ! Bien sûr…

Ponte Vecchio (photo par Axel)

Dans la Galerie des Office... (photo par Axel)

Piazza della Signora (photo par Axel)
Piazza della Signora (photo par Axel)

On m’excusera de préférer à la pompe des Médicis le charme obscur de Volterra et ses vampires – Et plus encore les beautés ineffables de San Gimignano…

San Gimignano (photo par Axel)


26 janv. 2019

Schuiten dans les rues de Semur-en- Auxois


Juste déambuler en automne dans les rues de Semur-en-Auxois, bourg si joli enroulé autour de sa rivière…

Et se laisser porter au gré des divagations pédestres dans les venelles aux murs emplis de labyrinthes ; esprits mutins aux couleurs amples.

Croiser l’archiviste et ses dessins, tapissés çà et là !










La ville respire.... Impassible.


Borgès hante les rues...