Blogue Axel Evigiran

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La dispersion est, dit-on, l'ennemi des choses bien faites. Et quoi ? Dans ce monde de la spécialisation extrême, de l'utilitaire et du mesurable à outrance y aurait-il quelque mal à se perdre dans les labyrinthes de l'esprit dilettante ?


A la vérité, rien n’est plus savoureux que de muser parmi les sables du farniente, sans autre esprit que la propension au butinage, la légèreté sans objet prédéterminé.

Broutilles essentielles. Ratages propices aux heures languides...


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13 mai 2026

Au Crotoy, encore …

 

Me voici au Crotoy, pour une semaine hors du temps comptable.

Et de me livrer à l'observation des oiseaux ; en baie du côté de la Maye, dans les chemin côtiers, là où poussent les argousiers, dans les roselières à panures ou encore en forêt de Crécy, située pas très loin – lieu d'une cuisante défaite, la chevalerie française fauchée par les arbalétriers anglais …


De touchantes rencontres … Le meilleur des remèdes !

A ce jour, plus de 80 espèces en contacts visuel. Quelques instants volés par l'objectif.


Chevalier Guignette 


Grèbe à cou noir (plumage nuptial)


Busard des roseaux (mâle)

Phragmite des joncs


Bruant des roseaux (mâle)


Bergeronnette printanière (mâle)


Grande aigrette


1 sept. 2023

Le premier septembre, à marée haute

 

Baie de Somme à marée haute (photo par Axel)

Baie de Somme à marée haute (photo par Axel)

Arriver à l'heure du midi par un sentier dunaire en Baie de Somme. Se retrouver seul, isolé du reste du monde à marée montante sur un mince cordon de sable, entre les argousiers et les oyats. Attendre que la marée soit haute et ferme toute retraite possible (et surtout tout accès aux éventuels fâcheux).

Baie de Somme à marée haute (photo par Axel)

Baie de Somme à marée haute (photo par Axel)


Ne penser à rien … Assis face aux vagues qui viennent mourir à vos pieds. Juste ressentir. Dans haut le ciel passent les goélands et les mouettes. Quelques aigrettes blanc de neige aussi … Au ras des flots filent d'intrépides hirondelles. Et rester à attendre que rien ne se passe, sous la caresse du pâle soleil du premier jour de septembre.


Seul sur ce fragment de rivage ? Pas tout à fait … Le rêveur éveillé a pour compagnie trois grands gravelots et un tournepierre à collier. Ce dernier qui porte bien son nom, s'active, retournant avec assiduité coquillages et cailloux qui jonchent le rivage. Ses compagnons sont plus tranquilles et profitent du reposoir pour bailler.

Grands gravelots (photo par Axel)

Grand gravelot (photo par Axel)

Tournepierre à collier (photo par Axel)


Tout ce petit monde cohabite dans un bel esprit et il fait plaisir au rêveur éveillé de partager son îlot avec les oiseaux.

Mais rien n'est fait pour durer... Les flots s'essoufflent et la marée se met à décroître. Imperceptiblement tout d'abord. Puis plus nettement. Au loin une traînée de promeneurs intempestifs se profilent.

13 févr. 2023

Herman Hesse et la foule ...

 

Le cauchemar ! 

Herman Hesse, toujours …

Ce matin lisant le texte intitulé « Retour à la campagne » : 

« L’arrivée à Lugano fut peu réjouissante. Telles des nuées de sauterelles, les étrangers débarquent ici en masse aux alentours de Pâques, et cela faisait longtemps que je n’avais pas été indisposé à ce point par le vacarme des foules envahissantes peuplant la terre. (…) Ils trouvent tout charmant et ravissant, sans se rendre compte le moins du monde que par leur faute, un des rares endroits paradisiaque existant encore au cœur de L’Europe se transforme chaque année davantage en banlieue berlinoise. (…) Même le dernier des vieux paysans, si aimable soit-il, installe du fil de fer barbelé autour de ses prairies pour les protéger des flots de touristes qui les piétinent (…) La terre est désormais tellement surpeuplée ! »

Que ne dirait-il pas aujourd’hui ?!


Ce sentiment d’oppression face au déferlement de ces foules de touristes, est le même que celui que j’éprouve au Crotoy et en Baie de Somme, chaque année davantage, dès que se profile un long weekend ou, pire, lors des vacances scolaires !

Souillure du paysage et du silence.


L'idéal !
vue du Crotoy en hors saison depuis la baie de Somme - photo par Axel


4 déc. 2021

Au Crotoy ...

Au Crotoy ... (phot par Axel)

 

Ce couple marchant lentement main dans la main sur les galets de la vie.

La lumière est chaleureuse bien que fatiguée. Crépusculaire presque.

Le ciel tissé tout en nuance.

Une tour d’un âge incertain aux volets verts ; clos. Le monde de l’intériorité ...

Un mur d’enceinte vient circonscrire les possibles.

Au-delà l’immensité de la baie.

Un arbre résiste à la nécessité.

Le cycle des saisons.

Au loin l’eau, des territoires à découvrir avant que la nuit tombe.

Le chant des oiseaux et la respiration de la vie.

 

Voilà la façon dont j’aimerai vieillir…


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Baie de Somme (vue depuis le port du Crotoy) - Photo par Axel




Bécasseau Sanderling - Photo par Axel

14 avr. 2019

De retour en baie de Somme, parmi les oiseaux

Du côté de la baie de Somme (photo par Axel) - 2018


Sans doute est-ce une pathologie commune, mais je confesse aimer me rendre au même lieu, à une ou deux années de distances ; y aviver mes souvenirs et sonder mes états d’âme – écart, synchronicité, symbiose ou rupture totale. Ceci est particulièrement vrai des endroits chargés émotionnellement.  La nostalgie y a évidemment sa part… Mais s’y mêle un sentiment plus diffus, avec l’idée de la mise en pratique du temps vécu non pas comme flèche toujours tournée vers le devenir (le temps linéaire des physiciens pour parler comme Etienne Klein), mais ce temps cyclique propre à moult civilisations de jadis. Ce temps vécu comme « Eternel recommencement » ; non pas à la manière de Nietzsche qui, dans l’Amor Fati, envisageait le retour du même.  Mais un cercle de nuances subtiles, avec ses constantes, ses variations et la singularité de ses tonalités. Un cercle mouvant, ensemencé de ces « je ne sais quoi et presque rien » chers à Jankélévitch, et qui font toute la saveur du réel comme il va…

Vue du Crotoy (photo par Axel) - Avril 2018

Ainsi de la Baie de Somme ; du Crotoy et de ses écrivains d’hier – de Jules Verne à Colette, du sentier côtier accroché à la dune – ou s’ébrouent les rossignols au printemps, de la rue des mouettes – où elles ne sont plus si nombreuses que jadis, du chemin conduisant à cet au-delà de la Baie - là ou s’éprouve la philosophie des piquets à moules… Et tant d’autres lieux encore sous ce ciel propices aux rêveries…

Des premières secondes d’avril 2018 à celles de 2019 – les mêmes pas, les mêmes endroits ou presque… Jour pour jour, ou si peu s’en faut. L’an passé avec son ciel noir et ses tempêtes, le gros vent et les éclaircies subites, posées sur les épaules du promeneur pour le réconforter du chagrin des embruns. L’an 2019 avec son grand soleil qui, sans faiblir inondait les sables et les flots tranquilles de son humeur joyeuse…

Se retrouver seul, au cœur de l’immensité parmi les oiseaux, est une expérience dont la mise en mots reste fatalement en deçà du ressenti… En particulier si, par chance, on se retrouve au détour d’une dune d’un coup plongé au milieu d’une cohorte de passereaux rares – très rare mêmes sur nos rivages, picorant dans les sables en quête d’insectes. Des oiseaux à la tête peinte en jaune et noir,  vagabondant et virevoltant alentour sans trop se préoccuper de ce visiteur humain, augmenté de son appareil photographique – et qui plus d’une heure durant, restera en leur compagnie.
L’alouette haussecol donc, telle est l’espèce en question. Migratrice et de passage sur les rivages de la Somme et des Hauts de France, grosso modo de novembre à fin mars.
Ici l’expérience du terrain confère au hasard sa part de prévisibilité… Et je savais fort bien que si je devais les trouver ce serait à cet endroit précis, pour avoir déjà repéré les lieux l’an passé – mais il était tard en saison pour espérer encore en croiser. Aussi, à la vue d’oiseaux « atypiques » (à l’œil un peu exercé), le cœur du miroiseur eût un sursaut ; ce sursaut d’excitation mêlée de doute. Puis la certitude, la joie un peu frénétique… Une fébrilité tempérée par la nécessité de caler l’objectif sur le rencontre à immortaliser.

Alouette haussecol (photo par Axel)

Alouettes haussecols (photo par Axel)
Alouette haussecol (photo par Axel)
Pour les amateurs d’étymologie.
Sur le terme générique tout d’abord : alouette, « du latin Alauda. Le mot est en fait d’origine gauloise, ainsi s’expliquerait le nom Alauda donné par César à la légion de mercenaires par lui recrutée (…) L’alouette semble bien avoir été un oiseau sacré pour les Gaulois en raison des traces laissées dans le folklore français. Son chant est signe de joie et sa façon de voler très haut dans le ciel est un symbole du ciel (en anglais on la nomme sky lark, et to sing like a lark, « chanter comme une alouette », signifie être gai comme un pinson). » [1]

Quant à l’alouette haussecol en particulier, notons que son nom est à mettre en relation avec le « plastron noir qui rehausse la tête du mâle. Un hausse-col était une pièce métallique d’armure protégeant la base du cou ».
Enfin, puisque chaque espèce d’oiseaux se caractérise en premier lieu par son nom scientifique, rappelons que l’alouette haussecol est nomenclaturée sous le nom d’Eremophila alpestris. « Eremophila, du grec érèmia (le désert) et philos (qui aime). Alpestris, dans le sens de montagne en général, car elle niche en effet dans les toundras montagneuses (mais aussi au Maroc) ».

Pouillot fitis (photo par Axel)

Grèbe castagneux (photo par Axel)

Grèbe à cou noir (photo par Axel)


Mais en ces quelques jours, aux prémices d’avril, il y eût bien d’autres rencontres avec nos amis ailés. Et, aux détours des chemins, de l’estran, du maquis  et d’ailleurs, ce ne furent pas moins de 64 espèces différentes qui furent observées (sans compter celles uniquement côtoyées par contact auditif).
Parmi les plus notables : le râle d’eau, le phragmite des joncs, le pouillot fitis, le bouvreuil pivoine, ou encore un oiseau au nom scientifique redoublé : Limosa limosa (du latin limosus, qui signifie boueux, vaseux –autrefois appelé limosa melanura, nom qui à mon goût convenait mieux) et qui fit vivre à votre serviteur quelques instants de grâce – mais c’est une autre histoire !

Barge à queue noire (photo par Axel)

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QUELQUES AUTRES OISEAUX
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Rale d'eau (photo par Axel)

Pipit farlouse (photo par Axel)

Linotte mélodieuse (photo par Axel)

Cygne tuberculé (photo par Axel)

Sarcelle d'hiver (photo par Axel)

Bécassine des marais (photo par Axel)

Phragmite des joncs (photo par Axel)

Bergeronnette grise (photo par Axel)

Canard chipeau (photo par Axel)



[1] Je tire ces informations de l’excellent ouvrage « L’étymologie des noms d’oiseau » de Pierre Cabard et Bernard Chauvet, paru chez Belon. Un livre exhaustif.

10 avr. 2018

Les oiseaux de la baie de Somme

Paysage changeant (photo par Axel)
Vol de Bécasseau (Photo par Axel)


Qu’il est bon d’avoir une semaine rien que pour soi, des jours entiers pour se perdre parmi les oiseaux ; au large de la baie ou le long des massifs dunaires. Dans les sentiers d’accès à la mer ou les marais de l’arrière-pays. Ne rencontrer personne ou si peu de congénères…
Ainsi, sous un ciel changeant, entre tourmente et soleil limpide, après que le vent eût donné aux espaces immenses un aspect de désert habité de tempête, apercevoir au loin, au-dessus de l’eau une nuée de limicoles, ce bourdonnement frénétique, pareil à celui des insectes… S’en rapprocher peu à peu, avisant quelques cormorans au reposoir. Puis soudain se retrouver stupéfait avec les oiseaux se posant par grappes à quelques mètres. Les contempler s’agiter, repartir puis revenir avant de tout à fait s’apaiser – de vous oublier assez pour se rendre indifférents et faire une petite sieste, souvent sur une seule patte… Rester là, à marée haute plus d’une heure en leur compagnie sans être dérangé par qui que ce soit ; les oiseaux à portée de bras. Des bécasseaux. La plupart portant la signature de l’espèce Sanderling, accompagnés de quelques variables, en plumage plus ou moins nuptial.
Le bonheur…

Deux bécasseaux variables & deux bécasseaux sanderlings (photo par Axel)
Un bécasseau variable avec deux sanderlings (photo par Axel)
Bécasseaux sanderlings (photo par Axel)

Le maquis est quant à lui le domaine des passereaux et autres oiseaux des bois ou des espaces plus ouverts. Un territoire ou s’entend la plainte solitaire et un peu désolée du bouvreuil pivoine. Et penser à ces vers de Rimbaud :

« Et l’on voit apeuré par un bouvreuil
Le baiser d’or du bois qui se recueille. »

L’oiseau lui, restera discret, perché à distance au-dessus des argousiers.
Plus loin c’est une grappe joyeuse de linottes mélodieuses qui s’ébroue. Le mâle pâmé de rose s’affiche en majesté. L’étymologie du nom de l’oiseau étourdi, Linaria cannabina, a d’ailleurs à voir avec le chanvre.
Un pouillot véloce au-dessus de l’épaule, écouter ensuite un verdier avant de voir passer zézayant, une troupe de chardonnerets. 
Dans la pinède c’est un autre monde qui se découvre. Des troncs droits ou tordus jusqu’à l’irracontable sur un lit aiguilles. S’en dégage une sensation de silence un peu sinistre ; sans vie, juste picoré par le vent lointain mué en brume sourde - une impression qui n'est pas désagréable. Puis d’un coup des mésanges, parmi elles une huppée… Le silence à nouveau.

Linotte mélodieuse (photo par Axel)
Chardonneret (photo par Axel)
Pouillot véloce (photo par Axel)
Un peu plus avant vers la mer, dans les dunes ou sur la ligne de la dernière marée, évaporée pour quelques heures, se promènent les traquets motteux. Vifs et altiers. Mâles ou femelles. 
Au-dessus de leurs têtes les alouettes se perdent dans les nues.

Traquet motteux (photo par Axel)
Traquet motteux (photo par Axel)

N’oublions pas la rue desmouettes, cette année désertée en grande partie par les laridés, pour cause d’inondation de leurs îlots de reproduction. Mais y déambulent la grande aigrette et la sarcelle d’été…

Grand aigrette (photo par Axel)
Grand aigrette (photo par Axel)

Grand aigrette (photo par Axel)
Sarcelle d'été (photo par Axel)

Au grand Laviers, ancien site industriel reconverti en espace ornithologique, s’ébrouent canards souchets et autres anatidés sous l’œil des couples de grèbes à cou noirs, trop occupés à leurs parades pour leur prêter attention.
Le lieu abrite aussi la fameuse Gorgebleue et le plutôt rare ou discret râle d’eau… Il faut se montrer patient. Mais la rencontre suscite l’émotion…
N'oublions pas les chevaliers gambette, parés de rouge ainsi que les combattants variés.

Gorgebleue (photo par Axel)
Rale d'eau (photo par Axel)
Canard souchet (photo par Axel)
 
Grèbes à cou noir (photo par Axel)
Chevalier gambette (photo par Axel)

Du Marquenterre enfin gardons l’image de cette avocette élégante, venue poser, sûre de son effet.

Avocette élégantes (photo par Axel)

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Quelques photographies éparses

Huitriers pie en vol (photo par Axel)
Cigogne blanche & spatules (photo par Axel)

Goéland argenté (photo par Axel)
Héron garde boeuf ( photo par Axel)
Pinson des arbres (photo par Axel)