Blogue Axel Evigiran

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La dispersion est, dit-on, l'ennemi des choses bien faites. Et quoi ? Dans ce monde de la spécialisation extrême, de l'utilitaire et du mesurable à outrance y aurait-il quelque mal à se perdre dans les labyrinthes de l'esprit dilettante ?


A la vérité, rien n’est plus savoureux que de muser parmi les sables du farniente, sans autre esprit que la propension au butinage, la légèreté sans objet prédéterminé.

Broutilles essentielles. Ratages propices aux heures languides...


10 mars 2016

Le Trétrapharmakos d’Epicure, vu par Matrix




Matrix, on le sait, est une machine philosophique
Et Lucrèce le meilleur interprète d’Epicure.







Selon le maître du Jardin le quadruple remède se déclinait de la sorte :

Il n’est rien à craindre des dieux ;
Rien à craindre de la mort ;
La douleur et supportable ;
Et le bonheur atteignable.

Son disciple, évoqué plus haut, poète romain que Jérôme l’Insidieux tenta de faire passer pour fou, jugea bon d’enduire  de miel la coupe de l’amère breuvage .

Sur le premier volet du remède, ce fameux ‘rien à craindre des dieux’ :

« Tu ne peux croire, non plus que le séjour des dieux,
leurs saintes demeures, soit dans une partie du monde.
Subtile en effet, bien éloignée de nos sens,
la nature des dieux est à peine vue par l’esprit.
Comme elle échappe au toucher, à l’emprise de nos mains,
Elle ne peut rien atteindre de ce que nous touchons.
Le toucher en effet manque toujours à l’intangible.
Voilà pourquoi doivent aussi différer des nôtres
Les demeures des dieux, subtiles comme leurs corps.
Plus tard je le prouverai amplement. »

(De la nature, V - 146,155) - Traduction Kany-Turpin)

Mais assez de mots : voici la transcription du remède en image…


Rien à craindre des dieux...


Rien à craindre de la mort...


La douleur est supportable...


Le bonheur est atteignable...

André Comte-Sponville, Le Miel et l'Absinthe, clapotis autour de Lucrèce, où l'art de la traduction

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