Blogue Axel Evigiran

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La dispersion est, dit-on, l'ennemi des choses bien faites. Et quoi ? Dans ce monde de la spécialisation extrême, de l'utilitaire et du mesurable à outrance y aurait-il quelque mal à se perdre dans les labyrinthes de l'esprit dilettante ?


A la vérité, rien n’est plus savoureux que de muser parmi les sables du farniente, sans autre esprit que la propension au butinage, la légèreté sans objet prédéterminé.

Broutilles essentielles. Ratages propices aux heures languides...


28 avr. 2022

Villa Adriana

 

Villa Adriana (Photo par Axel)

Il existe moult publications plus ou moins savantes sur la Villa Adriana. Il n’est pas question ici d’ajouter du texte aux textes facilement trouvables sur la toile.

Mais juste partager une émotion. L’émotion suscitée par ces ruines hors du temps ; par le gigantisme échevelé de ce complexe architectural qui, à son heure de gloire, pouvait abriter de l’ordre de 3000 personnes. De cette splendeur il ne reste aujourd’hui que quelques vestiges ; colonnades, vigies statufiées, carcasses de bâtiments, pans de murs, dédales et arches branlantes. Des restes de mosaïques encore, picorés par la végétation … Et la beauté fulgurante des bassins aux eaux glauques. S’y reflètent, paisibles des divinités déchues, sinon oubliées…


Villa Adriana ( Photo par Axel)

La Villa Adriana est située à environ 30 km de Rome, sur le territoire de Tivoli. Pour s’y rendre, si l’on n’a pas de voiture, le moyen le plus direct est le train (départ gare Termini à Rome). Arrivé à la gare de Tivoli, il faut alors de rejoindre la place centrale de la vieille ville, à quelques encablures de la Villa d’Este, et ses jardins magiques, qu’il convient aussi de visiter. De là un bus conduit à l’entrée de la Villa Adriana (un trajet d’environ 5 km).

Villa Adriana (Photo par Axel)


Un peu à l’écart des gros circuits touristique romains, avec un peu de chance il est possible de jouir d’une tranquillité abyssale, loin des foules – le complexe est aussi très vaste et les visiteurs s’y diluent … Et de rêvasser aux époques révolues, idéalisées à l’envie.

Lorsqu’on songe à l’empereur Hadrien, le nom de Margueritte Yourcenar vient parfois en tête. Sa première rencontre avec lui date de 1922 « C’est la villa Adriana [la somptueuse demeure de l’empereur à Tivoli] qui a été le point de départ, l’étincelle, quand je l’ai visitée à l’âge de 20 ans ». A déambuler sans but parmi ces vieilles pierres chargées d’histoires et de mystères, l’envie de lire ou relire les « Mémoires d’Hadrien » s’esquisse. D’ailleurs, pour l’anecdote, lors d’une de ses visites sur le site, la romancière de déplorer : « La villa d'Hadrien, beau lieu aujourd'hui désacralisé par des restaurations indiscrètes ou par de vagues statues de jardin ... sans parler d'une buvette et d'un parking ». Cela n’a pas changé, mais la situation n’a pas empiré - au regard de tous ces hauts-lieux défigurés, la villa Adriana s’en tire plutôt honorablement.


Villa Adriana (photo par Axel)

Villa Adriana (photo par Axel)


Un autre visiteur célèbre de la Villa fut Piranèse. Et qui laissa de l’endroit quelques œuvres, teintées d’un romantisme un peu désuet - enjolivement du réel … Mais ne boudons point notre plaisir.

Piranèse - Ruines de la villa Adriana

Enfin s’il faut évoquer quelques lieux magiques : le canope, ce plan d’eau bordé de colonnades et de cariatides de reflétant dans le vert de l’onde… Le théâtre maritime et le serapeum, la salle des philosophes ou encore les grands termes … Sans oublier la statue du temple de Venus.


Villa Adriana (Venus) - photo par Axel

Une visite inoubliable !


Villa Adriana ( Photo par Axel)


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