Blogue Axel Evigiran

Blogue Axel Evigiran
La dispersion est, dit-on, l'ennemi des choses bien faites. Et quoi ? Dans ce monde de la spécialisation extrême, de l'utilitaire et du mesurable à outrance y aurait-il quelque mal à se perdre dans les labyrinthes de l'esprit dilettante ?


A la vérité, rien n’est plus savoureux que de muser parmi les sables du farniente, sans autre esprit que la propension au butinage, la légèreté sans objet prédéterminé.

Broutilles essentielles. Ratages propices aux heures languides...


17 oct. 2014

Aux Maldives - Les coraux par gros temps... Tortues marines, requins & poissons coffres - Atoll Velidhu...



Notre ponton...
Le soleil, une chaise longue au bord de l'eau, l'océan troué d'auréoles vertes ; cellules macroscopiques semées par grappes dans l'infini céruléen de nos humeurs, lentilles émergées pour combien de temps encore ?
Des souvenirs si proches et si lointains tout à la fois... « Le bonheur par gros temps », dirait Jean Salem...

L'éphémère des vagues...


La mort d'un été.
La mort d’un amour… 

De la montée probable des eaux - certaine même - d'ordinaire le touriste n'en a cure, accaparé entre farniente et cocktails - Comment lui en vouloir ? 
Là, à regarder d'un œil nonchalant le bruissement de la vie - Ces langueurs factices, et cependant si réelles, dans les méandres d'un temps amorti ; cotonneux à force d'échappatoires... On en oublierait presque même le régime peu ragoûtant de ces îles - et du sentiment suintant le malaise, goutte à goutte criblé de minarets, dans les rues de Malé... Entre promiscuité et caméras de surveillance (une population si homogène et si pratiquante ne peut se révéler au jour sans forceps idéologiques - Ils étaient auparavant bouddhistes, et auraient mieux fait sans doute de le rester...) 



Mais revenons-en à l’essentiel.
Un futile toujours essentiel, parce que précisément futile.
Le silence des récifs coralliens ! 

Moi qui suit plutôt familier de la gent avienne me voici à la marge occupé à raviver l'image si agréable des gobeurs de mots silencieux.
C'était simple – sous une température étal ; oscillation entre 25 et 30°C : il nous suffisait alors de sortir de la case, prendre à l’est, et d'aller au bout du ponton de notre îlot singulier ; puis entamer nos conversations gestuelles sous la mer, oublieux de l’allure du ciel.
Autre rituel : faire le tour à l'aurore de l'atoll, déconcerté par la course du soleil planté au-dessus d'un espace si exigu ; me croyant Robinson pour quelques poignées de minutes - volupté désormais évanouie...



Une fois posé le masque, les palmes en prothèses, et l'appareil photo en main accroché ferme autour du poignet, un élan du pied suffisait pour changer de monde...
Bascule radicale.
Un monde de couleurs, avec ces drôles de gros poissons dévoreurs de coraux en becs de perroquets... Un bruit sourd de mastication. Un crachat. Puis rien. Ou plutôt le prochain récif...
Un requin parfois ; espèce locale sans danger pour l'homme, mais toujours attendue avec un léger frisson... Révérence envers le carnassier...
Et puis, quoi de plus délicieux que de naviguer au hasard des rencontres, dans le sillage par d'une tortue marine ; oiseau en deçà de la ligne des vagues...

La fille de votre serviteur, à la poursuite d'une tortue...
Ce qu’il m’en reste ?
Peut-être cette habilité à assortir mon humeur vagabonde - entre deux eaux, d’un Planteur Punch.
Rien n’est si délicieux une fois revenu aux froides réalités…


Tortue en vol...



Le fils de votre serviteur... Sous un ciel brouillé




Les dents de la mer...
Notre bar, tôt le matin...

4 commentaires:

  1. Un planteur punch le matin... quelle belle idée!

    Vous écrivez : " Ils étaient auparavant bouddhistes, et auraient mieux fait sans doute de le rester...". Oui, l'homme en meute choisit souvent la pire des condamnations. D'où l'exigeante vitalité de la solitude, partagée, à quelques uns point trop nombreux; quelques requins pour le banc de gobies lorsqu'il s'approche d'un peu trop près.

    Belle journée.

    Nat

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  2. Vous avez raison, cher Nat, la tentation de la solitude est grande...
    Même les amitiés de 20 ans ou plus périssent. Que nous reste-il alors ?

    Ayant fini le Rhum, et ayant la flemme d'en racheter, je me suis rabattu sur une Téquila Surine - A défaut de visiter les ruines du Néo-Mexique.

    Les dernières lames de soleil sèchent sur ma baie vitrée tandis que je lis quelques pages, sourire aux lèvres, du Dictionnaire chic de philosophie

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  3. Cher Axel,

    Le vivant n'aurait jamais dû émerger des océans. Certes, sous l'eau les poissons s'entre-dévorent, mais au moins ils respectent le silence.

    À vous,

    Frédéric

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    1. Vous avez toujours le mot juste cher Frédéric…
      S’entre-dévorer oui, mais dans le silence… L’élégance des récifs !
      Pour l’heure avec Montaigne, avec « L’éducation des fils… » ; basculant je crois dans un pessimisme de bon aloi – ou de nécessité…

      Et ce matin j’étais en perdition dans un marais…
      Haut lieu de solitude, hélas infesté par des grappes de pédaleurs multicolores en représentation.
      Hordes de VTT – Envie de carnage…

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